Equipe "Formes en mouvement"

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ALTER - Arts/Langages : Transitions et Relations
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Equipe 1 "Formes en mouvement"

Responsables : Isabelle CHOL & Bertrand ROUGÉ

Mots‐clés : Esthétique, poétique, rhétorique, genres littéraires et artistiques, évolution des formes, intermédialité, théorie des arts et du langage.

L’équipe « Formes en mouvement » a pour vocation d’explorer, selon des perspectives historiques, théoriques et formelles, comment les formes, toujours en transition et en interrelation, interrogent et s’interrogent. Qu’il s’agisse de questions génériques, intermédiatiques, inter‐artistiques ou des interactions entre les arts, les littératures et les théories, notamment du signe et du langage, le propos général sera de diversement mettre en évidence comment les formes et figures des arts et des langues, contribuent à la pensée, à son histoire et à ses expressions par leurs interactions questionnantes, leurs déplacements, leurs constantes « dé‐définitions » et la diversité de leurs rapports au mouvement.

A cet effet, l’équipe se constitue de trois axes concernant chacun un aspect de ce projet d’ensemble. Le premier s’attache à la notion de genre et à ses labilités ; le second a pour objet l’intermédialité ; le troisième se concentre sur une approche théorique et exploratoire des relations et échanges entre les arts, les discours sur les arts et les sciences du langage.

Genres

La nouvelle équipe en voie de constitution souhaiterait fédérer et prolonger les travaux déjà menés à bien par différents chercheurs dans leurs laboratoires respectifs. Le concept de genre (littéraire ou artistique, fictionnel ou non fictionnel) a suscité au sein de ces structures des études prenant en considération les questions d'évolution historique. En parallèle, a été menée une réflexion sur les phénomènes qui remettent en cause la notion même de genre (porosité, hybridation, contamination inter‐génériques, etc.). Théâtre et poésie — qu'il est difficile actuellement de considérer comme des « genres » et qui pourtant l'ont clairement été à certaines époques — ont donné lieu ces dernières années à un séminaire, à plusieurs colloques et à des publications. Les enjeux des mutations contemporaines ont été plus particulièrement analysés. D'autres programmes de recherche se sont intéressés au roman policier, genre codifié qui n'échappe pourtant pas au questionnement générique : entre para‐littérature et littérature, celui‐ci se nourrit de différents genres narratifs homologués (fantastique, S.F., roman social, etc.). D'autres travaux ont exploré le champ des arts visuels, lesquels interrogent, depuis leur territoire « déterritorialisé », la notion de genre notamment à partir de pratiques interdiscursives (fiction vs diction comme dans le cas du « docufiction » ou des installations de rue) et intermédiales. C'est dans le prolongement de toutes ces études antérieures que la question du genre continuera à être envisagée.

Intermédialité

La notion d’intermédialité, longtemps méconnue en France, est depuis quelques années au cœur de nombreux travaux de recherche. L’originalité de la perspective adoptée par notre équipe, et qui s’est déjà concrétisée à travers un séminaire, l’organisation d’une journée d’étude et d’un colloque, ainsi qu’une publication, est d’une part d’envisager dans quelle mesure et comment les différents phénomènes de transfert intermédiale jouent sur la réception des œuvres considérées et d’autre part de mener une réflexion plus globale et théorique sur la notion et ses manifestations concrètes.

Bien sûr, cette orientation privilégiée n’exclut pas d’autres approches, sans doute plus traditionnelles, comme l’étude des liens intersémiotiques que peuvent entretenir, en diachronie comme en synchronie, deux ou plusieurs media artistiques : des chercheurs de notre équipe travaillent par exemple sur le dialogue de la littérature et de la musique, mais aussi sur les échanges paradoxaux et fructueux qui se sont établis, dans la culture occidentale, entre littérature et danse. L’analyse peut par ailleurs porter sur la nature intrinsèquement intermédiale de certaines formes, notamment contemporaines, dans les domaines de la création poétique ou du théâtre postdramatique.

Arts et langage : explorations théoriques

L’étude des arts, de leurs interrelations, de leurs porosités et de leur rapport au langage nécessite d’analyser les modes de circulation, de transformation et d’interfécondation non seulement des pratiques mais aussi des notions et des concepts utilisés pour en rendre compte ou les légitimer. Se dessine ainsi un champ d’étude de l’évolution des concepts, des pratiques, des formes et de leurs
interrelations, mais aussi un champ d’exploration et d’expérimentation où la réflexion sur la migration, les croisements et l’interfécondation des discours et des lexiques peut mener à des descriptions théoriques nouvelles et fructueuses d’objets eux‐mêmes ainsi renouvelés. Puiser dans le répertoire des notions existantes en expérimentant leur déplacement réglé ou en tentant leur application décalée revient en effet à renouveler à la fois les discours et les objets. On s’intéressera ainsi à l’apport conceptuel de la linguistique aux discours sur la littérature et les arts, à ce que les arts et la littérature nous permettent de conceptualiser du langage et des langues, mais aussi à l’application possible de notions issues de la rhétorique ou des sciences à l’analyse des arts et à certaines notions‐clés (rythme, figure, plasticité, énergie, figement, reformulation, dépliement etc.) dont le fort potentiel de transversalité n’est pas sans lien avec la question du mouvement et du changement, car s’intéresser aux mouvements des formes et des concepts est indissociable d’une analyse dynamique des concepts et des formes comme mouvement.

S’appuyant sur des réseaux de chercheurs déjà mis en place à l’Université de Pau et sur de nombreux travaux déjà publiés, le présent groupe est déjà engagé dans de nouveaux projets qui soumettent les arts et les langages à ces approches croisées notamment inspirées de la philosophie, de l’esthétique, de la rhétorique et des sciences du langage. Ainsi sont d’ores et déjà prévus des projets sur les rapports entre plasticité et création, sur l’apport de Jakobson et des formalistes russes aux liens entre littérature, langues et langage, sur le discours philosophique concernant les relations entre les arts.