Sensorialitées croisées

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ALTER - Arts/Langages : Transitions et Relations

CONTACTS

Directrice : Hélène LAPLACE-CLAVERIE

helene.laplace-claverie @ univ-pau.fr   

 

Directrice adjointe : Emilie GUYARD

emilie.guyard @ univ-pau.fr

 

Secrétariat : 05.59.40.73.76

Muriel Guyonneau

 

Ingénieur d'études : 05.40.17.52.88

Anne-Claire Cauhapé (ac.cauhape @ univ-pau.fr)

             

Appui à la Politique de Recherche : 05.59.40.72.36

Marie-Manuelle Marcos (marie-manuelle.marcos @ univ-pau.fr)

 

 

 

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Laboratoire ALTER

Université de Pau et des Pays de l'Adour
Avenue du Doyen Poplawski
BP 1160
64013 Pau cedex

 

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Sensorialitées croisées : projet de recherche-création en arts de la scène et arts visuels Programme de recherche 2022 - 2025

 

Projet porté par Hélène Laplace-Claverie et Anne-Claire Cauhapé (ALTER/UPPA), en partenariat avec Corinne Melin (ESAD des Pyrénées Pau Tarbes) 

 

Ce programme de recherche a pour objectif de développer une réflexion interdisciplinaire sur les enjeux esthétiques, épistémologiques et culturels de la sensorialité dans les pratiques artistiques contemporaines (danse, théâtre, arts plastiques). Le projet se décline en deux volets qui portent des regards analytiques distincts mais complémentaires sur les problématiques qu’ouvre la notion de sensorialité (voir ci-dessous).

Si, par son étymologie, l’esthétique (du grec aiesthesis qui signifie sensation) place le sentir au cœur du projet artistique, la question du sensible est tout aussi centrale dans d’autres champs d’études tels que l’anthropologie, l’ethnologie, la sociologie, l’histoire de l’art, la philosophie, les neurosciences, les pratiques somatiques, etc. Cette transversalité s’explique par le caractère constitutif de la sensorialité qui traverse et configure toute activité humaine individuelle comme collective, artistique comme quotidienne. En tant qu’objet d’étude, le sensible définit ainsi un champ de recherche aux multiples strates qui interroge entre autres les modalités d’interaction entre l’individu et l’environnement, les relations inter-subjectives ou encore les conditions d’accès à une conscience réflexive.

Pour explorer cette multiplicité de points de vue, ce projet regroupe une équipe de chercheurs et d’artistes de différentes disciplines dans un dispositif de recherche-création qui favorise le dialogue interdisciplinaire et définit l’expérimentation par la pratique comme préalable à toute conceptualisation.

PROJET

Le projet se compose de deux volets qui déclinent respectivement des questions de recherche spécifiques autour de la sensorialité.

Volet 1.  « Paysages cénesthésiques », mené par Anne-Claire Cauhapé.

L’objectif de ce volet est de développer une recherche théorique et artistique sur la notion de « cénesthésie ».

Le terme de cénesthésie désigne une sensibilité dite « profonde » de laquelle émane le sentiment d’existence de chaque individu par la perception de son corps. Elle peut se définir comme une modalité sensible de relation à soi par une présence immédiate à son propre corps qui nous informe sur un certain état d’être. La cénesthésie peut ainsi se redécrire comme un paysage intérieur diffus dont le relief varie selon l’intensité et la nature de nos sensations, émotions ou pensées. Telle une caisse de résonance, cette sensibilité profonde est une expérience intime, pas nécessairement verbalisable, par laquelle l’individu prends le pouls de son existence dans toutes les gradations de son spectre : du sentiment exalté d’existence (se sentir vibrer, comme on le dit communément) jusqu’à l’exténuation de l’élan vital.

Qu’elles soient perçues de manière spectaculaire (par la déflagration d’un transport émotionnel par exemple) ou de manière subtile (par une impression diffuse et vague), les fluctuations de nos paysages intérieurs n’en restent pas moins toutes reliées à nos états de corps et dépendantes de notre capacité à éprouver et nous laisser éprouver. Nos « paysages cénesthésiques » sont en effet particulièrement poreux, réactifs et sensibles à nos expériences sensorielles quotidiennes grâce auxquelles nous entrons en relation avec le monde environnant et les personnes en présence.

Le concept de « paysages cénesthésiques » ouvre ainsi un vaste champ de recherche qui interroge la sensorialité sous un angle spécifique. Comment nos sensations agissent-elles comme des interfaces entre soi, le monde et autrui ? Comment percevoir avec plus d’acuité les fluctuations de nos paysages intérieurs ? Sur quoi repose la capacité à se laisser affecter/éprouver par la rencontre du monde et de l’autre ? Le concept porte également un fort potentiel poétique qui nourrira la recherche artistique pour la création de vidéo-danses.

Volet 2. retour sur soi : outils et méthodes, mené par Corinne Melin

L'objectif de cette recherche est d’interroger la connaissance que j'ai produite sur une quinzaine d'années, en mettant en exergue le processus créatif qui s'y est déployé. La relecture du passé se veut donc inventive, et la démarche nécessairement empirique.

Posons tout d’abord les cadres de recherche principaux dans lesquels vont évoluer réflexions et expérimentations. J’ai mené une approche historique et esthétique de l’art participatif international depuis les années 1950 ainsi que des études sur le reenactment dans les pratiques artistiques contemporaines et leur extension dans le champ du numérique. Le corps (représenté, agissant et médié) traverse l’ensemble. Ce dernier est un bon véhicule pour interroger la place et la fonction des sens et du système de réception dans les objets d’étude. La notion de sensorialité est aussi un bon vecteur pour identifier un terrain commun existant entre différentes disciplines des arts et des sciences humaines, tout particulièrement la sociologie et l'ethnologie, l’esthétique et les arts de la performance.

Soulignons ensuite que pour mener cette lecture empirique à terme, je vais visiter diverses écritures de soi. Je vais notamment porter mon attention sur celles qui donnent la possibilité d'explorer les incarnations de sa propre activité cognitive et l’imaginaire qui s’y déploie. Ainsi, par exemple, par quels moyens rendre lisible les images qui façonnent une trajectoire de pensée ? Comment rendre opérationnels, dans le présent de l’auteure, les outils intellectuels fabriqués de sa relecture d’évènements passés ?

Cette lecture inventive devrait offrir la possibilité in fine de brosser le portrait de ce qui pourrait être qualifié de : intellectuelle-créative et/ou théoricienne de l'art incarnée.

 

TRANSMISSION - PÉDAGOGIE

Les questions de la transmission et de la pédagogie font parties intégrantes de ce projet de recherche-création. Elles participent notamment à nos réflexions et expérimentations sur la réception et l’esthétique. Elles prennent diverses formes telles que : une journée d’étude (23 mars 2023; intervenants : Bernard Andrieu, Marisa Hayes, Mélanie Yvon), un module d’enseignement (année scolaire 2023-2024) à destination d’un public d’étudiant(e)s en licence et master arts de l’UPPA et de l’ESAD. La transmission de nos réflexions et expérimentations s’étendra également à un public plus large par l’organisation des conférences et des ateliers (mouvement, danse, écriture).

ÉDITION NUMÉRIQUE

Le processus et les résultats de recherche seront diffusés via une plate-forme numérique qui sera créée spécifiquement pour le projet. Elle se composera de deux ensembles : l’un est proche du carnet de recherche qui compile découvertes et expérimentations principales des diverses phases du projet; l’autre est relatif au travail de fond sur la sensorialité, avec un regroupement de textes phares, expérimentations clefs, diffusion des vidéos de danse et photographies qui auront été créées.

La réalisation de l’édition numérique a été confiée à la web designer Célia Truel.

Résidences 1, 2, 3

Ces  trois résidences de recherche et de création constituent des temps privilégiés pour mener sur le terrain de l’action certaines idées et concepts explorés dans la recherche fondamentale. Pour nous accompagner dans cette mise en pratique de la connaissance, nous invitons des artistes des mondes des arts vivants et visuels. Au travers de discussions collectives et d'expériences, seront mises en lumière la façon dont les pratiques et les démarches artistiques des invité(e)s interrogent ou explorent la notion de sensorialité.

#1 du 26 septembre au 2 octobre 

La résidence 1 a donné la possibilité d’esquisser une cartographie de notre imaginaire théorique. Nous avons en ce sens inventorié les termes principaux communs aux deux volets du projet, puis les mots clés relatifs à nos champs disciplinaires respectifs. (cf liste ci-dessous). Ce temps de résidence a été également l’occasion de réinterroger certaines notions, expériences et méthodes. Enfin, il a servi à préparer les résidences suivantes afin de définir les modalités de collaboration avec les artistes invités.

 

notions communes

imaginaire

recherche création

danse

théâtre

arts visuels

transmission

méthodologie

interdisciplinarité

esthétique

performance

somatique

expérience

 

Notions/Anne-Claire cauhapé

imaginaire corporel

(s’)éprouver

subjectivité

intériorité

intime

écologie corporelle

cénesthésie

sensibilité

vécu

relation(s)

danse

mouvement

 

Notions/Corinne Melin

imaginaire théorique

corporéité

théorie incarnée

empathie

embodiment

incorporation

action

agentivité

méta

neuroscience

écriture

créatif intellectuel

 

 

 

 

#2 du 7 au 11 novembre 2022. Artistes invitées : Céline Nogueira (théâtre) et Victoria Debarbieux (danse, pratiques somatiques)

Cette résidence sera l’occasion de développer une recherche collective sur la manière dont nos pratiques artistiques respectives permettent de mettre en place des outils d’expérimentation et de verbalisation de l’expérience sensorielle. Il sera notamment question d’explorer différents états de corps et de mouvements (dansés ou quotidiens) qui permettent de manifester des imaginaires singuliers et de générer différentes formes de sensibilité.

 

#3 du 30 janv au 5 février 2023. Artiste invité : Gauthier Leroy (arts visuels)

Au cours de cette dernière résidence, l’objectif sera d’expérimenter des possibilités de mises en forme spatiales, graphiques, musicales et performatives. En discussion avec les chercheuses, Gauthier Leroy développera une interprétation plastique du thème de la sensorialité via des installations mobiles.

 

Ce projet bénéficie du financement de la Communauté d’Agglomération Pau Pyrénées, ainsi que du cofinancement du laboratoire ALTER- Université de Pau et de l’ESAD des Pyrénées Pau Tarbes.