Le polar dans la cité

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ALTER - Arts/Langages : Transitions et Relations

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Directrice : Hélène LAPLACE-CLAVERIE

helene.laplace-claverie @ univ-pau.fr     

 

Secrétariat : 05.59.40.73.76

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Anne-Claire Cauhapé (ac.cauhape @ univ-pau.fr)

             

Appui à la Politique de Recherche : 05.59.40.72.36

Marie-Manuelle Marcos (marie-manuelle.marcos @ univ-pau.fr)

 

 

 

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Laboratoire ALTER

Université de Pau et des Pays de l'Adour
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BP 1160
64013 Pau cedex

 

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Le polar dans la cité Projet de recherche 2020 - 2023

Présentation générale : 

Longtemps considéré comme une sous-littérature, comme un « mauvais genre », le polar semble avoir acquis en ce début de XXIe siècle ses lettres de noblesse. Non seulement il n’est plus considéré comme un roman de gare, relégué aux kiosques à journaux, mais il a conquis l’espace institutionnel et culturel de la ville sous la forme de festivals et de salons littéraires qui lui sont désormais consacrés et qui sont de plus en plus nombreux chaque année. En se fondant sur l’exemple du festival « Un aller-retour dans le noir », implanté à Pau depuis 2009 et devenu l’un des rendez-vous culturels majeurs de la ville et du festival « Pamplona Negra », créé en 2015, le projet « Le polar dans la cité » a pour objectif d’analyser, dans une perspective littéraire et sociologique, ce phénomène de consécration et ses conséquences sur la posture des auteurs de polars et la réception de leurs œuvres.

Si les liens entre la ville et le genre policier ont déjà fait l’objet de plusieurs études, le polar étant un genre éminemment urbain, le projet « Le polar dans la cité » a pour ambition d’aborder une dimension qui n’a jusqu’à présent jamais fait l’objet d’un travail d’ampleur. S’inspirant des travaux fondateurs de l’une des grandes figures de la vie intellectuelle paloise –Pierre Bourdieu– sur le « champ littéraire » en tant que système relationnel et différentiel (champ de forces) où chaque auteur/agent occupe une position plus ou moins dominante/dominée liée à son capital accumulé de légitimité spécifique (capital symbolique), il s’agira d’étudier la façon dont cette littérature longtemps dominée est en passe de devenir une littérature dominante grâce, entre autres, à l’action d’un certain nombre d’acteurs de la vie politique et culturelle française et espagnole.

Cette perspective sera mise en rapport avec la posture des auteurs de polars eux-mêmes. Envisagée comme « une façon personnelle d’investir ou d’habiter un rôle voire un statut », la posture permet d’étudier la manière dont « un auteur rejoue ou négocie sa position dans le champ littéraire » (Meizoz 2004 : 51). Or, Meizoz rappelle que « l’agir postural se manifeste à la cheville de l’individuel et du collectif [et que] si toute posture se donne comme singulière, elle inclut simultanément en elle l’emprise du collectif » (2007 : 26-27). De fait, si les auteurs de polars ont longtemps hésité entre la posture de l’écrivain et celle du marginal (voir les travaux de Natacha Levet sur les écrivains français dans les années 1990), on pourra interroger leur posture et leur pratique générique au moment même où le genre policier abandonne les marges pour occuper le centre de la vie culturelle. Du côté de la réception des textes, on se demandera, dans le prolongement des travaux d’Annie Collovald et Erik Neveu sur les lecteurs de récits policiers comment cette consécration rejaillit à son tour sur la consommation des fictions criminelles et sur le rapport des lecteurs au genre.

Enfin, ce phénomène de consécration culturelle qui donne enfin « droit de cité » aux auteurs de polar pourra déboucher sur une réflexion sur leur implication dans la vie culturelle mais aussi politique et sociale de la cité. En effet, si la figure de l’écrivain engagé telle que Jean-Paul Sartre a pu l’incarner a bel et bien disparu en ce début de XXIe siècle, la présence des écrivains dans l’espace public et dans le débat politique revêt de nouvelles formes relevant davantage de l’implication que de l’engagement. Or le polar, considéré comme une « fiction critique », est clairement une écriture impliquée dans la vie de la cité.

Le projet présenté inclut une proposition de sujet de thèse de doctorat qui, à partir de l’exemple et de l’histoire des deux festivals transfrontaliers, visera à mettre en lumière les différentes modalités de la présence du « polar dans la cité » en France et en Espagne, en mettant en rapport la posture des auteurs de polars et leur pratique générique avec le phénomène de consécration du genre. Cette thèse, financée par la CDAPBP, s’intitulera  « Des marges au centre de la cité : création et réception du polar en France et en Espagne au XXIe siècle »

 

Actions scientifiques :

  • Organisation d’un colloque universitaire (les 1 et 2 octobre 2020) à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, organisé par Emilie Guyard (ALTER-UPPA), Christelle Colin (ALTER-UPPA) et Myriam Roche (LLSETI-Université Savoie Mont Blanc) intitulé « Le polar dans la cité : littérature et cinéma ».
  • Conférence des deux professeurs invités Javier Sánchez Zapatero et Alex Martín Escribà de l’Université de Salamanque, ouverte au public, intitulée : « Del quiosco al best-seller : la novela policíaca en España » (UPPA octobre 2020). Les deux spécialistes du genre reviendront sur le processus de légitimation de cette littérature en Espagne tout en faisant part de leur propre expérience  en tant que fondateurs du Colloque « Congreso de novela y cine negro de Salamanca » qui célèbrera en 2020 sa seizième édition.

 Actions de valorisation

 

  • Cycle de rencontres avec des écrivains (octobre 2020, 2021, 2022) dans le cadre du festival « Un aller-retour dans le noir » et du dispositif « Enfin jeudi ! » de l’UPPA, destiné aux étudiants. Cette rencontre permettra d’aborder avec les auteurs invités la notion d’engagement/implication de l’auteur de polar dans la cité. 1ère rencontre : le 1er octobre 2020 à 14h (UPPA-Amphithéâtre de la Présidence) : Agustín Martínez
  • Projection du film  Que Dios nos perdone (Rodrigo Sorogoyen) dans le cadre du colloque « Le polar dans la cité : littérature et cinéma » le 1er octobre 2020 à 16h (Amphitéâtre de la Présidence)
  • Conférences des organisateurs des festivals « Un aller-retour dans le Noir », Stéphane Laborde et Jean-Christophe Tixier et « Pamplona Negra », Susana Rodríguez Lezaun qui retraceront l’histoire des deux festivals. Jean-Christophe Tixier et Susana Rodríguez Lezaun, tous deux également auteurs de polars, mettront en rapport leurs pratiques d’écrivain et leur expérience d’organisateurs d’une manifestation culturelle consacrée à ce genre (1er octobre 2020)

 

Projet porté par :

Emilie Guyard Maître de Conférence HDR Université de Pau et des Pays de l’Adour, ALTER (emilie.guyard@univ-pau.fr)

Partenaires :

Laboratoire ALTER (équipe Formes en mouvement), UPPA (porteur du projet)

Laboratoire LLSETI, Université Savoie Mont Blanc (partenaire du colloque)

Festival Un aller-retour dans le Noir

Festival Pamplona Negra

Communauté d’Agglomération Pau Béarn Pyrénées

Région Nouvelle Aquitaine