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ALTER - Arts/Langages : Transitions et Relations

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CONTACTS

Directrice : Hélène LAPLACE-CLAVERIE

helene.laplace-claverie @ univ-pau.fr     

 

Secrétariat : 05.59.40.73.76

Muriel Guyonneau

 

Ingénieur d'études : 05.40.17.52.88

Anne-Claire Cauhapé (ac.cauhape @ univ-pau.fr)

             

Appui à la Politique de Recherche : 05.59.40.72.36

Marie-Manuelle Marcos (marie-manuelle.marcos @ univ-pau.fr)

 

 

 

COLLECTION HAL

 

 

UNITA/ Label Université Européenne

 

Référentes pour ALTER :

Françoise Hapel

Laurence Roussillon-Constanty

 

 

 

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Laboratoire ALTER

Université de Pau et des Pays de l'Adour
Avenue du Doyen Poplawski
BP 1160
64013 Pau cedex

 

Vous êtes ici :

Francis TollisProfesseur émérite de sciences du langage

  • francis.tollis @ univ-pau.fr

Parcours

Études supérieures

 

  • Inscrit sur la Liste de qualification aux fonctions de Professeur des universités (1997, 7e section : « Sciences du langage »)
  • Inscrit sur la Liste de qualification aux fonctions de Professeur des universités (1993, 14e section : « Langues et littératures romanes »)
  • Habilité à diriger des recherches (Paris IV-Sorbonne, sous la présidence de Maurice Molho (1993 : A l’unanimité et sans la moindre réserve).
  • Docteur nouveau régime (Paris IV-Sorbonne, 1992, sous la direction de Jean-Claude Chevalier: mention Très honorable à l’unanimité et Félicitations du jury)
  • Titulaire de l’Agrégation d’espagnol (1962 : n° 5 sur 20 places)
  • Titulaire du C.A.P.E.S. d’espagnol pour l’I.P.E.S. (1961 : n° 1)
  • Admis sur concours en 1re année de l’Institut de Préparation à l’Enseignement du Second degré de Bordeaux, I.P.E.S. (1958)

 

Vie active

 

2006-          = Professeur émérite des universités en sciences du langage.

1998-2006  = Professeur des universités en sciences du langage sur place.

1985-1998  = Maître de Conférences d’espagnol sur place.

1970-1985  = Maître-Assistant d’espagnol titulaire à l’université de Pau et des Pays de l’Adour

1969-1970  = Maître-Assistant d’espagnol stagiaire au Collège littéraire universitaire de Pau (université de Bordeaux III)

1964-1969  = Assistant d’espagnol détaché au Collège littéraire universitaire de Pau (université de Bordeaux III)

1962-1964  = Professeur Agrégé au Lycée Dumont d’Urville de Toulon

Thèmes de recherche

  • Linguistique hispanique
  • Grammaticographie hispanique du XVe siècle

  • Historiographie hispanique et historiographie générale (Gustave Guillaume)

  • Psychomécanique du langage

  • Linguistique générale

Projets

Mise à jour, sous un autre titre et avec un contenu revu, de Tollis 1991 : La Parole et le sens. le guillaumisme et l’approche contem­poraine du langage.

A paraître chez Lambert-Lucas.

Publications

 

Ouvrages scientifiques ou chapitres d’ouvrage (OS)

 

2014 :    La Neurosémantique épistémique de Maurice Toussaint, Limoges, Lambert-Lucas, 190 p.

Quatrième de couverture : Quoique issue de la psychomécanique de Gustave Guillaume, la neurosémantique épistémique de Maurice Toussaint a ouvert une voie nouvelle dans l’approche du langage. Débarrassant la psychomécanique de tout idéalisme et radicalisant son opérativité, cette conception ne fait pas seulement le pari du matérialisme, du constructivisme et du continuisme. Avec tout ce qui en découle pour son analyse, elle attribue au langage une assise corticocérébrale, postule son isomorphisme avec le cognitif et celui du signifiant avec le signifié, propose un modèle périodique et quantitatif d’engendrement des unités de la langue.

Table des matières en ligne : <www.lambert-lucas.com/IMG/pdf/tollis2_tdm.pdf>.

2011 :    avec René Pellen, La « Gramática castellana » d’Antonio de Nebrija : grammaire d’une langue, langue d’une grammaire, Limoges, Lambert-Lucas, 2 t., I : Un système descriptif pour le castillan, p. 7-350, II : Index lemmatisés, p. 361-875.

Quatrième de couverture : Imprimée à Salamanque en 1492, la Grammaire castillane de Nebrija passe généralement pour la véritable première grammaire d’une langue néolatine. Comme elle a exercé, en Espagne et à l’étranger, une influence considérable, sa connaissance est absolument essentielle. La présente traduction s’adresse en priorité aux historiens de la grammaire exclusivement francophones qui n’y avaient pas directement accès. L’Étude historique et critique et l’Index des notes qui l’accompagnent aident à la resituer au regard de la gram-maire antique et médiévale. Témoignage de la maturité d’une langue vernaculaire dotée déjà d’une riche littérature, pour son auteur elle représente, avec ses dictionnaires, l’aboutissement de toute une vie.

Table des matières en ligne : <http://www.lambert-lucas.com/wp-content/uploads/2018/03/tdm_pellen2.pdf>.

Comptes rendus

Emilio Ridruejo, Revue de linguistique romane, 20154, 315-316, p. 512-546

Alejandro Díaz Villalba, Histoire, Épistémologie, Langage, 2011, 33/2, p.177-179.

Lola Pons Rodríguez, Historia linguistica, 2011, 33

 

2008 :    Signe, mot et locution entre langue et discours (de Gustave Guillaume à ses successeurs), Limoges, Lambert-Lucas, 284 p.

Résumé : Les textes qui en constituent les chapitres ne sont pas présentés dans l’ordre chronologique de leur rédaction mais ont été regroupés autour de trois centres d’intérêt qui donnent leur titre aux trois parties. « Autour du mot et de sa genèse », les textes 2 (« La genèse du vocable indo-européen : de la matière et de la forme »), 3 (« La genèse du vocable indo-européen dans le sillage de Guillaume ») et 4 (« Retour sur la genèse des parties de discours prédicatives indo-européennes ») situent Guillaume au regard de la problématique du mot et en soulignent l’intérêt au sein de la théorie, tandis que le texte 1 (« Retour sur l’« unité de puissance » en psychomécanique : le mot comme lieu d’équilibre entre passé et avenir opératifs »), lui, remet sur la sellette le statut qu’il y reçoit.

Dans la section « Morphème, grammème, lexie », le texte 5 (« La relation apport / support et le morphème ») essaie de comprendre pourquoi le mécanisme incidenciel sur lequel Guillaume assoit sa typologie des parties de langue n’est pas pareillement sollicité dans la caractérisation des différentes espèces de morphèmes qu’il distingue. Le texte 6 (« Le grammème comme signe : une biunivocité idéale souvent prise en défaut (langage et analogie) ») revient sur les rapports entre la surface signifiante et la virtualité signifiée à laquelle elle a la charge de donner corps et représentabilité. Les textes 7 (« La locution verbo-nominale ») et 8 (« C’est et les “constructions expressives” ») traitent de différents agrégats locutionnels, tels qu’on les voit analysés dans ses écrits.

 Enfin, les textes 9 (« Le pragmatisme et l’hypo-pragmatisme du langage ») et 10 (« L’écriture réévaluée ») mettent l’accent sur deux aspects de « La praticité du langage et de l’écriture » : bien que Guillaume ait placé la langue au centre de sa réflexion, le premier montre qu’il a tenu à la situer dans la perspective de ses utilisations ; le second présente les raisons pour lesquelles il accordait à l’écriture des vertus et une importance qu’on ne lui reconnaît pas toujours.

Quatrième de couverture : Le présent ouvrage regroupe dix études successivement placées sous les rubriques (1) du mot et de sa genèse, (2) du morphème, du grammème et de la lexie et (3) des aspects pratiques du langage. L’auteur revient sur ce que les écrits publiés de Gustave Guillaume révèlent de ses idées, sans négliger ce que ses successeurs en ont diversement repris et développé. Partant de la notion d’opérativité chère à la psychomécanique, Francis Tollis replace les phénomènes linguistiques en regard des deux pôles d’existence du langage : le discours, dans l’aval de son exercice effectif, et la langue, dans un amont puissantiel postulé.

Table des matières en ligne : <www.lambert-lucas.com/wp-content/uploads/2018/03/signe_mot_et_locution_tdm.pdf>.

 

1998 :    La Description du castillan au XVe siècle : Villena et Nebrija. Sept études d’historiographie linguistique, Paris, L’Harmattan (« Sémantiques »), 414 p.

Quatrième de couverture : En 1492, Antonio de Nebrija publie sa Gramática de la lengua castellana qui, malgré l’Arte de trovar (1433) d’Enrique de Villena, est tenue pour la première étude systématique d’un parler roman ; à cause de cet héritage même, l’ouvrage de Nebrija semble présenter des contradictions et des incohérences. L’examen interne de sa métalangue – ici poursuivi en sept articles datés de 1968 à 1997 – se révèle pourtant un texte cohérent dans sa méthode et sa terminologie.

 

1996 :    Du un au multiple (du signifiant à son emploi) : le cas de un- adjoint en espagnol, Talence, Presses Universitaires de Bordeaux, XIX-519 p.

Compte rendu d’A. Joly, L’Information grammaticale, 1999, 81, p. 57 :

1991 :    La Parole et le sens. le guillaumisme et l’approche contem­poraine du langage, Préface de R. Lafont, Paris, A. Colin (« Linguistique »), x-XII-495 p.

[Panorama critique et synthèse de la recherche en psychomécanique. De nombreuses références à la syntaxe, difficilement repérables en l’absence d’index : praxéogenèse, genèse de l’énoncé, syntaxe sémantique, discours transphrastique, etc. Utiles excursions à l’extérieur de la psychomécanique]

Comptes rendus :

  • de F. Ferreres-Masplá, Anuari de dilología (Barcelone), 1992, 15, secció G3, p. 95-97.
  • de M. Wilmet, Travaux de linguistique, 1993, 26, p. 163.
  • de M. Camprubi, Cahiers de grammaire (Toulouse), 1994, 19, p. 167-175.
  • de S. Boteva – Contrastive Linguistics (Sofia), 1994, 19/1, p. 81-86 [en bulgare].
  • de F. Madray-Lesigne – Cahiers de praxématique, 1994, 22, p. 186-187, disponible en ligne : <http://praxematique.revues.org/2286>.
  • de W. Rotgé, L’Information grammaticale, 1996, 69, p. 56-57.
  • de J. Schmidely, Bulletin de la Société de linguistique de Paris, 1996/2, p. 67-70.

 

1988 :    Étude différentielle de que, quien-, cual-, et cuant- interrogatifs en espagnol. etude psy­choméca­nique, com­paraison sémantique, syntaxique et pragma­tique [1982], Berne - Frankfurt/M. - New York - Paris, Peter Lang (« Publications universitaires européennes, XXI : Linguistique » 69), X-290 p.

 

Direction d’ouvrages et de numéros de revues (DO)

 

2013 :    éd. des Cuadernos de filología francesa [Cáceres], 24 (Hommage à Maurice Toussaint), 393p. 

2001 :    éd. de La Locution et la périphrase du lexique à la grammaire. Actes des Journées d’étude sur la locution organisées à l’université de Pau les 16 et 17 octobre 1998 par le Groupe d’Approches du Langage de Pau, Paris, L’Harmattan (« Sémantiques »), 293 p.

1996 :    éd. de The Psychomechanics of language and guillaumism = LynX [A Monographic Series in Linguistics and World Perception, Publishied jointly by Department of Spanish and Portuguese, University of Minnesota, USA, Minneapolis, and Departament de Teoría dels Llenguatges, Universitat de València, Spain], 5, 252 p.

 

 

Traduction

 

2018 :  avec René Pellen, La Grammaire castillane de Nebrija (1492). Un pas décisif dans la grammatisation de l’espagnol. Traduction annotée, précédée d’une étude historique et critique, Limoges, Lambert-Lucas, 534 p.

Quatrième de couverture : Imprimée à Salamanque en 1492, la Grammaire castillane de Nebrija passe généralement pour la véritable première grammaire d’une langue néolatine. Comme elle a exercé, en Espagne et à l’étranger, une influence considérable, sa connaissance est absolument essentielle. La présente traduction s’adresse en priorité aux historiens de la grammaire exclusivement francophones qui n’y avaient pas directement accès.

L’Étude historique et critique et l’Index des notes qui l’accompagnent aident à la resituer au regard de la grammaire antique et médiévale. Témoignage de la maturité d’une langue vernaculaire dotée déjà d’une riche littérature, pour son auteur elle représente, avec ses dictionnaires, l’aboutissement de toute une vie.

Table des matières en ligne : <www.lambert-lucas.com/wp-content/uploads/2018/03/tdm_pellen2.pdf>

 

Publications dans les actes de congrès national ou international
avec comité de lecture (ACT)

 

 à paraître 2019 :         « L’approche du signifiant chez Maurice Toussaint ou : En quoi la neurosémantique épistémique est-elle une linguistique du signifiant ? », dans José Vicente Lozano Actes de la Journée d’étude sur « La linguistique du signifiant. Approches et domaines d’application », Rouen, 6 juin 2014.

Résumé : Un inventaire récent portant sur l’histoire du phonosymbolisme depuis 1900 mentionnait cinquante-huit ouvrages et quarante auteurs. Même si les Français y sont apparemment minoritaires et si leur proportion y apparaît en constante diminution avec le temps, ceux qui connaissent le livre intitulé Contre l’arbitraire du signe, paru à Paris chez Didier-Érudition en 1983, pourront s’étonner de ne pas y voir figurer le nom de son auteur, Maurice Toussaint.

Cet oubli involontaire est ce qui nous a finalement incité à intervenir ici. Non pas pour exposer les grands traits de la théorie linguistique originale qu’il n’a cessé de peaufiner jusqu’à sa disparition, voici quatre ans, et qu’il a finalement désignée comme neurosémantique épistémique. Mais pour seulement montrer, même très synthétiquement – c’est bien connu, les absents ayant toujours tort, se doivent d’être discrets – de quelle manière, contre le credo structuraliste de l’arbitrarité du signe, il aborde la dimension phonique du langage et le rôle qu’il lui accorde.

 

à paraître 2018 :   « Quand un grammairien n’applique pas ses propres prescriptions graphophoniques : le cas d’Antonio de Nebrija dans sa Gramática castellana (1492) », Études de linguistique appliquée, 191/3, p. 339-349.

Résumé : Vu son ambition, la Gramática castellana de Nebrija passe pour le premier véritable traité occidental sur un parler roman. Le premier livre examine l’ensemble de la dotation graphique léguée au castillan, afin d’en évaluer la congruence au regard du système phonologique qu’elle avait à représenter. Pour pallier le manque de biunivocité ici ou là observable entre graphèmes(s) et prononciation(s), Nebrija y préconise quelques innovations.

 Pourtant, ces prescriptions ne sont pas systématiquement appliquées dans le texte même du traité. À une époque où la responsabilité d’une publication revenait à la fois à son rédacteur et à un atelier d’imprimerie pénétré de la pratique traditionnelle et où le premier ne contrôlait pas forcément les épreuves, ce cas particulier, peut-être pas singulier, montre les limites du pouvoir prescriptif dans le champ graphophonique.

 

 2017 :   « Évolutions sémantico-syntaxique et sémiotique de un‑ et de ill‑ du latin à l’espagnol sous l’effet de leur (sur)grammaticalisation », dans Stéphane Pagès (éd.), Submorphologie et diachronie dans les langues romanes [Actes de la Journée d’étude organisée à Aix-en-Provence le 9 mai 2016], Presses universitaires de Provence (« Langues et langage » 29), p. 83-96.

Résumé : Sur le plan sémantico-syntaxique, au cours des siècles le futur iLL- de l’espagnol a vu son applicabilité sémantique et sa combinabilité se modifier très substantiellement : réorientant les capacités de son homologue latin il en a perdu certaines, mais en a acquis pas mal de nouvelles ; sur le plan sémiotique, son radical aussi a parallèlement connu un certain nombre d’altérations. Sensiblement au cours de la même période, le futur uN-, de nos jours l’un de ses concurrents discursifs les plus fréquents, a de son côté élargi les capacités de son homologue latin, mais sans renoncer à aucune des anciennes ; apparemment, son radical n’en a pas moins conservé un signifiant à très peu près intact.

Une fois éventuellement reconnue en chacun d’eux quelque trace signifiante submorphémique, la question se pose ainsi de (sa)voir comment mettre éventuellement en relation les trajectoires sémantico-syntaxique et sémiotique respectives de ces deux morphèmes, et de se pencher sur la manière dont s’est (r)établie la relation entre ces deux plans au cours d’une évolution qui a complètement redéfini les pouvoirs du premier et enrichi ceux du second.

 

2016 :   « Variations de l’écriture et diversité typologique : L’approche du vocable chez Gustave Guillaume à la lumière de sa théorie des intégrales constitutives du langage », dans Julie Lefebvre, Christian Puech (éds), Écritures et représentations du langage [Actes du colloque SHESL-HTL 2013, 25-26 janvier 2013, Paris], (« Les dossiers d’HEL 9 - 2015 ») exclusivement disponible en ligne : <hal.archives-ouvertes.fr/hal-01304817/document>, p. 84-100.

Résumé : Voici quinze ans, en 1997, l’occasion nous avait été donnée de présenter les réflexions de Gustave Guillaume sur l’écriture. Car, loin de la cantonner comme bon nombre de ses contemporains, dans un rôle subalterne, soulignant ses liens privilégiés avec la pensée et son rôle dans l’évocation de l’architecture linguistique des idiomes, indo-européens ou pas, il a au contraire dégagé et souligné la profondeur de son enracinement ainsi que la portée de son témoignage.

Depuis cette époque, cependant, bien d’autres de ses écrits sont parus, tardifs ou précoces : de ses Leçons de linguistique, les volumes 14 (1997 : conférences des années 1946-1948), 15 (1997 : 1951-1952), 16 (1999 : 1942-1943), 17 (2005 : 1941-1942), 18 (2008 : 1945-1446), 19 (2009 : 1939-1940) et 20 (2010) ; de ses Essais et mémoires, les Prolégomènes à la linguistique structurale I (c.1954 : 2003) et II (2004 : 1954-1958) et l’Essai de mécanique intuitionnelle I (2007). Il nous a donc paru intéressant de revenir sur le sujet.

 Parmi ce qu’apportent ces sept volumes (et leurs 1 925 p. + 2), le n° 17, intitulé Théorie du mot et typologie linguistique : limitation et construction, du mot à travers les langues, est indéniablement celui qui aborde le plus en profondeur la problématique de l’écriture. En effet, Guillaume y établit un parallèle entre sa physionomie et les différentes intégrales qu’il croit personnellement possible de repérer derrière les différents types de parlers. C’est cette approche théorisante qui sera exposée ici.

 

2013 :    « La prégnance de l’humain dans la linguistique de Gustave Guillaume », dans Hervé Barreau (éd.), Les Conditions de l’humain : temps, langue, éthique et mal. Autour de la pensée d’André Jacob [Actes du colloque « Éthique et condition humaine : Autour de l’œuvre d’André Jacob » organisé à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm les 2-3 décembre 2011], Paris, Armand Colin (« Recherches »), p. 111-130.

 

2011 :    « Amical et respectueux hommage à Maurice Toussaint : Une lecture de sa théorie linguistique », Anuario de estudios filológicos [Cáceres], 34, p. 253-279, disponible en ligne : <www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&ved=0CB0QFjAA&url=http%3A%2F%2Fdialnet.unirioja.es%2Fdescarga%2Farticulo%2F3850061.pdf&ei=uJrHVJOYDoHRygO_4>.

 

2011 :    « Le concept d’actualisation guillaumien est-il de nature continuiste ? », dans Marc Arabyan et alii (éds), Le Concept d’actualisation en psychomécanique, du XIIe colloque international de psychomécanique du langage Bruxelles 18-21 juin 2009, Limoges, Lambert-Lucas, p. 47-58.

Résumé : Proposant une conception génétique, donc opérative ou cinétique, du langage, Guillaume en a pensé et décrit la réalité en même temps que l’exercice comme un ensemble de processus d’engendrement ou de mise en œuvre.

Depuis les remarques de Launay de 1977, on sait cependant qu’il n’est apparemment pas toujours resté fidèle à ce credo, et que, sans forcément le vouloir, il a parfois traité l’opératif comme du résultatif ou incité à le faire. Par ailleurs, avec sa linéarité et son « point versif » médian, le tenseur binaire radical régulièrement utilisé pour rendre lisibles ces genèses orientées y introduit des ruptures que l’on pourrait croire porteuses de discontinuité.

Ses successeurs n’ont pas forcément évité l’écueil, et, de nos jours, leurs écrits laissent percer, au mieux des traces de cette indécision, au pire quelques crispations essentialistes.

En interrogeant sa notion d’actualisation telle qu’on la voit progressivement émerger dans les écrits fondateurs de la psychomécanique jusqu’au recours tardif à la notion d’effection, on cherche ici à voir dans quelle mesure elle satisfait à la continuité qui est parfois revendiquée par Guillaume et ses exégètes, et donc sa compatibilité actuelle avec ce continuisme auquel, dans la dernière décennie du siècle précédent et à partir de soubassements théoriques pourtant distincts, certains linguistes français semblent avoir abouti.

Finalement, la question est de (sa)voir si cette actualisation, avec ses allures de processus second jouant sur des acquis mentaux virtuels mais préalables, n’entretient pas une propension naturelle au fixisme, encore observable dans le sillage de Guillaume.

 

2011 :    « “Grammaticalisation”, instrumentalisation sémantico-syntaxique et conception du signifié (l’exemple de quatre adjectifs concurrents apparents du un- espagnol devant substantif pluriel) », dans Ariane Desporte, Gilbert Fabre (éds), Aspects actuels de la linguistique ibéro-romane. Actes du XIe colloque international de linguistique ibéro-romane, Paris 13 - Villetaneuse, 5-7 octobre 2006, Limoges, Lambert-Lucas (« Libéro»), p. 299-306.

Résumé : Tout spécialement dans les parlers romans, un- est un adjectif qui sert aussi de numéral, fournit l’un des plus fréquents déterminants du nom, et joue éventuellement comme pronom. Cette polyvalence remarquable, déjà amorcée ou en filigrane dans certains états du latin, justifie sans doute qu’on le range dans la grammaire, notamment aux côtés de ses composés éventuels, où il continue parfois d’être ouvert à la pluralisation.

 Pour autant, certains linguistes l’ont depuis longtemps remarqué, il n’est pas assuré que l’on soit fondé à lui apposer quelque étiquette grammaticale spécifique que ce soit. Car, même détourné de sa vocation (faiblement) prédicative et récupéré, au prix de quelques réaménagements syntaxiques, pour d’autres besoins que franchement et strictement qualificatifs, il n’a jamais définitivement quitté le lexique ni le statut d’adjectif. Au reste, il est aisé d’observer que, en mission de déterminant nominal pluralisé, il peut alterner avec d’autres adjectifs, dont un certain nombre présente une vocation quantificatrice ou identificatrice.

 Même si des différences s’observent à ce sujet d’un parler roman à l’autre, et spécialement de l’espagnol au français, même si cette disponibilité demeure défective à l’intérieur de chacun d’entre eux, la question se pose malgré tout de l’éventuelle grammaticalisation ou de l’éventuelle grammaticalisabilité de ces adjectifs-là. Le problème sera abordé sans prétention en essayant de placer le phénomène dans la perspective de l’antéposition de l’adjectif, de sa pluralisation et de l’éventuelle réorientation de son contenu sémantique propre.

 

2010 :     « Michel Launay et ses exigences d’opérativité théorique : du silence à la parole », dans Gabrielle Le Tallec-Lloret (éd.), Vues et contrevues. Actes du XIIe colloque international de Linguistique ibéro-romane, Université de Haute Bretagne - Rennes 2, 24-26 septembre 2008, Limoges, Lambert-Lucas (« Collection Libero »), p. 313-320.

 

2007 : « Gustave Guillaume : du “psychologisme” au mentalisme ? », dans Jacques Bres et alii (éds), Psychomécanique du langage et linguistiques cognitives. Actes du XIe congrès de l’Association internationale de psychomécanique du langage, Montpellier, 8-10 juin 2006, Limoges, Lambert-Lucas, p. 89-98.

Résumé : Le rapprochement de la psychomécanique et des recherches cognitives a déjà été ébauché à Cordoue en 1994, puis à Québec en 2000. Ici, sa confrontation avec les linguistiques cognitives sera l’occasion de revenir sur le « spectre du “psychologisme” » « inlassablement brandi contre Guillaume » (Wilmet 1978).

Dans cette perspective, les utilisations référentielles que Guillaume semble avoir faites des termes en psych-, tout spécialement psychisme, seront présentées, comparées et pondérées. Ce travail s’inscrit donc modestement dans le droit fil de celui que Valette a déjà conduit sur les textes guillaumiens, il est vrai avec d’autres moyens et d’autres outils.

Abstract : Gustave Guillaume : from "psychologism" to mentalism ? Comparing the psychomecanics of language and cognitive research was the topic dealt with in 1994 in Cordoue and then in 2000 in Quebec. The present paper intends to confront this theoretical model against those proposed by cognitive linguistics and therefore to ponder once more on that « specter of psychologism » that Guillaume has always been reproached with (cf. Wilmet 1978)

In this perspective, the referential uses of psy-words that seem to have been made by Guillaume, above all psychism, will be presented, compared and qualified. This paper follows, though in a modest way, the research already carried out on Guillaume’s writings by Valette, even if it was with different means and tools.

 

2006 :    « Le signifié entre fixisme et relativisme », dans Gilles Luquet (éd.), Le Signifié de langue en espagnol. Méthodes d’approche [Actes du colloque sur ce thème organisé à Paris les 18-19 mars 2005 par le Groupe d’études et de recherches en linguistique hispanique de Paris 3], Paris, Presses Sorbonne nouvelle, p. 161-179.

 

2006 :   « Les “constructions expressives” en C’est dans les écrits publiés de Gustave Guillaume (1883-1960) », dans Hélène et André Wlodarczyk (éds), La Focalisation dans les langues [Issu du Colloque international sur « La focalisation : centres d’intérêt et expression », organisé à Paris les 26-29 novembre 2003 par l’Ecole doctorale Concepts et Langages et le Centre de linguistique théorique et appliquée (Paris IV)], Paris, L’Harmattan (« Sémantiques »), p. 95-109,.

 

2005 :  « La locution verbo-nominale dans les écrits de Gustave Guillaume publiés entre 1919 et 1960 », dans Hava Batzeev-Shyldkrot, Nicole Le Querler (éds), Les Périphrases verbales [Issu du colloque international organisé à Caen par l’Équipe CRISCO, l’UMR CNRS, l’Université de Caen Basse-Normandie, le Département de français, et l’Université de Tel-Aviv sur ce thème (25-26 juin 2003)], Amsterdam, J. Benjamins (« Linguisticae investigationes, Supplementa » 25), p. 497-515.

Résumé : Dans ses différents écrits, publiés ou non, Guillaume a successivement étudié

– le problème de l’article en français, et notamment celui de son absence dans des agrégats locutionnels,

– le traitement subduit du verbe qui est au départ des périphrases participiales intégrées dans la morphologie (notamment celle des formes (sur)composées à verbe auxilaire),

– ainsi que la production et/ou la lexicalisation de nombreuses locutions verbo-nominales, liée(s) au dernier phénomène.

Il n’est sans doute pas sans intérêt de présenter l’essentiel des diverses réflexions qu’il a livrées sur la problématique locutionnelle tout au long de ses quelque cinquante ans de recherche, à partir des présupposés théoriques originaux qui ont été les siens, à une époque où elle n’avait pas encore bénéficié de l’attention qui lui a été ultérieurement portée – tout spécialement depuis l’année 1984, date où, à Montréal, elle a été abordée sous l’angle de la fancophonie au cours d’un premier grand colloque spécialisé.Car cette présentation devrait aider à

– mettre les conceptions guillaumiennes dans la perspective des études postérieures en la matière,

– les inscrire dans l’histoire des approches descriptives et théoriques du phénomène.

 

2003 :  « À propos des paires de substantifs espagnols sans applicabilité sexuée, mais génériquement contrastés en -o / -a : Leur traitement dans le dictionnaire de M. Moliner (1re édition) », dans Christian Lagarde (éd.), La Linguistique hispanique dans tous ses états. Actes du au Xe Colloque de linguistique hispanique (Perpignan, 14-16 mars 2002), Perpignan, Presses universitaires (CRILAUP), p. 27-139.

Résumé : Le présent travail ne concerne pas la totalité des substantifs espagnols que ce titre pourrait englober. Il se penche exclusivement sur ceux d’entre eux qui présentent une autre propriété négative : n’avoir pas de signifiant morphologiquement apparenté au participe. Cela exclut donc les paires en -ad- ou -id- qui contiennent au moins un terme issu d’une « substantivation de participe adjectif » (type abonado, pintada, batido ou batida), ou dans lesquelles une forme M découle de l’emploi du participe, de plus en plus fréquemment observé, notamment « dans le domaine des services », pour constitution d’un évident « substantif, non pas lexicalisé comme barrido ou lavado mais apparemment extensible à tous les verbes dont on ne souhaite conserver que l’idée de l’opération en dehors de toute référence à un quelconque agent » (André Resano, « Revelado de fotos ou la nouvelle conquête du participe espagnol », dans Michel Camprubi (éd.), Permanences et renouvellements en linguistique hispanique. Actes du VIe colloque de linguistique hispanique (Toulouse, 18-19 mars 1994), Toulouse, CRIC, 1995, p. 247).

 

2003 :      « Les morphèmes et leur signifié : système et mise en œuvre », dans Aboubakar Ouattara (éd.), Parcours énonciatifs et parcours interprétatif . Théories et applications. Actes du colloque de Tromsø organisé par le département de français de l’Université, 26-28 octobre 2000, Gan-Paris, Ophrys (« L’Homme dans la langue »), p. 202-220.

Résumé

I : Attendus

  1. L’idée dominante de la linguistique est que, dans les parlers i.-e., les éléments les plus radicaux du discours sont les morphèmes dont le vocable est fait, lorsqu’il n’est pas monomorphémique, c’est-à-dire invariable. Par ailleurs, s’il arrive à un énoncé de se réduire à un mot unique, la parole se présente ordinairement sous l’espèce d’un agencement de plusieurs de ces mots, et plus souvent encore sous celle d’une combinaison de sous-phrases elles-mêmes faites de plusieurs syntagmes composés de mots.

      Le sens mis en circulation par toute utilisation du langage est celui qui, dans l’optique de l’échange verbal, se confond pratiquement avec son interprétation. Assimilable à un contenu global, il réussit parfois, cependant, à s’émanciper des contenus individuellement attachés aux morphèmes sollicités. Pour autant, il est rarement envisageable de le tenir pour entièrement indépendant d’eux, et de faire comme s’il ne leur devait absolument rien ou presque.

  1. Chacun des morphèmes de base semble bien posséder deux propriétés, d’apparence antagoniques.

D’une part, il accepte de prêter son concours à la réalisation de missions langagières qui, aussi bien, demeurent tout à fait extérieures à sa sphère propre comme elles divergent entre elles. D’autre part, à l’inverse, il réussit à dépasser les multiples et divergentes contaminations auxquelles il est de la sorte exposé et à sauver l’essentiel de ce qui lui donne son identité.

      La première vertu, souvent la plus commentée, est à l’origine de la disponibilité des morphèmes : c’est elle qui, via leur combinabilité propre, leur confère l’intégrabilité énoncive qui les rend si largement utilisables. Bien que la seconde soit pratiquement requise comme l’indispensable complément de la première, il en est moins souvent question. C’est pourtant elle qui, en leur permettant de récupérer la (quasi-)intégralité de leur âme sémantique, les fait régulièrement survivre aux successives occasions discursives qui les ont fait sortir de la langue.

      L’une et l’autre choses font problème. Il faut donc se demander par quels mécanismes, combinatoires puis applicatifs, chacune des unités de départ réussit à apporter sa contribution séparée à l’intelligibilité sémio-sémantique d’un énoncé, puis à son interprétabilité sémio-pragmatique, et pour quels résultats. Mais il reste encore à savoir comment s’exerce le pouvoir de conservation qui en fait des êtres à mémoire de forme et à mémoire de sens, capables de résister aux influences de leurs fréquentations énoncives et énonciatives.

  1. À cela s’ajoute en outre une troisième propriété, longtemps observée dans la nature, qui permet à ces unités de la langue de s’adapter aux besoins changeants des communautés humaines qui ne s’en servent que pour les plier à leurs propres exigences expressives. Car, tout à la fois ouvertes à de nombreuses causes sémantiques, et bien campées dans leur identité, elles n’en sont pas moins prêtes à se réformer, si besoin. C’est là leur manière d’équilibrer, sans les neutraliser, leur assujettissement et leur instinct de survie : des menaces que leurs emplois font courir à leur intégrité, elles font le moteur d’évolutions qui, continûment, améliorent leur adaptation.
  2. Le double constat de cette ouverture / clôture dialectiques et de cet aménagement résultant, reconduit évidemment à la position qui revient à la langue adopte à l’endroit du discours, qui, l’une et l’autre, se présupposent mutuellement. Dans la mesure où les éléments radicaux ont leur siège postulé en langue et où l’énoncé n’a d’existence qu’au-delà, il n’est pas étonnant que ces trois propriétés se retrouvent mutatis mutandis dans les morphèmes comme dans la langue. Car celle-ci se montre également dotée d’une grande disponibilité, d’un pouvoir de conservation et d’une propension permanente à reconfigurer certains de ses secteurs. Condition de sa pérennisation, cette autorégulation résulte d’une sorte de retraitement des discours circonstanciels qu’elle a permis et auxquels elle a offert ses moyens ponctuels antérieurs. L’objectif est de récupérer ce qui, de leur contenu, par nature conjoncturel, peut, à un moment donné, paraître utile à conserver sous forme cristallisée dans l’un de ses éléments radicaux pour ultérieurement et nouvellement valoir ce que de droit.

      Finalement, d’un côté comme de l’autre, les morphèmes comme la langue dans son ensemble doivent constamment, de quelque manière, se recycler en sorte de rester optimalement opérationnels. Au total, s’ils peuvent se prévaloir d’une certaine indépendance, ce n’est qu’au prix d’un certain asservissement compensatoire : à leur propos, on pourrait finalement parler d’« autonomie dans la dépendance ». Comme l’a depuis longtemps souligné la praxématique, leur mode d’existence et leur statut propres n’empêchent pas leur soumission relative au « fond de réel » sur lequel ils se déploient.

II : Programme

  1. De nombreuses études sur la locutionnalité ont mis en lumière l’existence d’un tel phénomène, essentiellement lié à la visée fondamentalement et toujours peu ou prou pragmatique du langage et de son exercice. Il n’est cependant pas fréquent de parler de recyclage linguistique, même à une époque où, suite aux excès d’un interventionnisme ou d’une exploitation très poussé(e), la nature tend à en imposer pour son compte la nécessité. Pourtant, l’examen analytique de la trajectoire que l’on peut dessiner entre les deux états de repos de chacun des éléments radicaux, celui d’avant sa convocation énonciative et celui d’après, incite à y détecter tout un ensemble d’opérations qui relèvent du retraitement abstractif.
  2. C’est cette problématique qui sera envisagée ici.

D’un côté, on tentera d’aborder la manière – plutôt plurielle – dont on peut se figurer l’inclusion de l’apport des parties radicales dans le tout énoncivo-énonciatif qui conduit à leur actualisation.

      D’un autre côté, on proposera quelques éléments de réflexion sur la façon d’évoquer les divers traitements dont les unités linguistiques font l’objet lorsqu’on les fait servir, en l’état, mais toujours pour des objectifs singuliers.

 

2003 :     « L’alternance ciert- ~ un- ciert- hors pluralité en espagnol : de l’allusion démarcative à la distinction plus ou moins évaluative », dans Bernard Combettes, Catherine Schenedecker, Anne Theissen (éds), Ordre et distinction dans la langue et le discours. Actes du Colloque international de Metz (18-20 mars 1999), Paris, H. Champion (« Linguistique française » 3), 2003, p. 495-511.

Résumé : Comme le français, du reste, mais avec une distribution et une émergence diachronique différentes, l’espagnol se trouve disposer au moins de trois moyens morphosyntaxiques pour procéder à la désignation allusive et/ou évaluative du référent : un- ~ ciert- ~ un- ciert-.

Sur un plan idiomatique et sectoriel, il s’agit d’abord de voir comment ces trois solutions réussissent, chacune à sa manière, à « distinguer et à porter à l’attention de l’interprète » certains items discursifs et leur contrepartie référentielle. Cela conduit aussi à s’interroger sur ce qui pousse à conjuguer l’allusion (par ciert-) à la ségrégation (par un-).

Sur un plan théorique et général, il s’agit aussi de comprendre comment ces éléments, déjà paradigmatiquement concurrents, parviennent à former ensemble une troisième option, et comment y jouent leurs apports propres. Moignet a parfois mis en avant la notion de décumul. Ce parti pris analytique, cependant, va de pair avec la conviction que, dans la parole, chacune des unités doit être convenablement modulée avant d’être employée (c’est la subductivité d’inspiration guillaumienne). Pour qui, au contraire, garde la conviction que l’émergence d’un signifiant entraîne la présence intégrale et massive du signifié correspondant, ce choix analytique n’est plus envisageable, et il n’y a alors d’autre solution que de porter l’adaptation réciproque des unités ainsi associées au compte de leur actualisation applicative.

Abstract : In Spanish, just as in French, but with different distributional and diachronic characteristics, three morphosyntacic means can be found to designate the referent in an allusive and/or evaluative way : un- ~ ciert ~ unciert‑.

From an idiomatic and sectorial point of view, the question is how those three solutions manage, each in its own way, to « distinguish and point out to the interpreter » some elements of discourse together with their referential counterparts. It also raises the question of what motivates the association of allusion (with ciert) and segregation (with un).

From a theoretical and general point of view, the question is how combining those two paradigmatically competitive elements leads to creating a third option, and what each of them contributes to the common meaning. Moignet here sometimes referred to what is known as décumul. Such an analytical standpoint relies on the belief that, in discourse, each unity should be adequately modulated before use : in other words what Guillaume called subductivity. But for anyone who remains convinced that the emergence of a signifier entails the full and massive presence of the corresponding significate, that analytical stance doesn't hold and the only solution left is to bring the reciprocal adaptation of the combined unities to bear on their applicative actualization.

 

2002 :     « Le contraste générique en -o / -a dans les paires de substantifs espagnols sans applicabilité sexuée : la problématique », dans Georges Kleiber, Nicole Le Querler (éds.), Traits d’union [12es Rencontres linguistiques en Pays rhénan (Strasbourg, 3-5 novembre 2000)], Caen, Presses universitaires (Centre de recherches inter-langues sur la signification, en contexte), p. 167-180.

Résumé : À l’inverse des épicènes, certains substantifs des langues romanes, à partir d’une même base étymologique, se différencient par une double finition générique de masculin et de féminin qui ne recouvre aucune distinction sexuelle. En première approche, le cas paraît assez bien représenté en espagnol, et sa survie même incite à ne pas y voir un simple avatar de l’histoire sans portée ni rendement.

Avant de tenter (ultérieurement) une éventuelle approche sémio-sémantique de cette alternance morphologique, limitée ici aux couples en -o / -a, on commencera par amorcer un bilan ordonné de ses effets variés, tels qu’ils ont jusqu’ici été repérés par la littérature spécialisée.

 

2002 :     « Recherche cognitive et recherche linguistique : un développement en trois temps ? », dans Ronald Lowe (éd.), Le Système des parties du discours. Sémantique et syntaxe. Actes du IXe Colloque de l’Association internationale de psychomécanique du langage [Québec, 15-17 août 2000], Québec, Les Presses de l’université Laval, p. 510-535.

Résumé : Jusqu’ici, les recherches cognitives ont grosso modo emprunté les trois grandes voies du ou des cognitivisme(s), du ou des connexionisme(s), et plus récemment de l’approche énactive. En changeant de modèle, elles ont aussi essayé d’approcher leur objet de manière moins réductrice – peut-être sous l’influence plus ou moins diffuse des théories de la complexité. Se détourner de plus en plus du fixisme au bénéfice de conceptions constructivistes a ainsi conduit à rapprocher la connaissance de la créativité, et à faire de son emprise quelque chose de subjectif.

À bien y réfléchir, une évolution pareillement ternaire se laisse apercevoir dans les recherches linguistiques. Sans qu’on s’en soit apparemment avisé, en effet, on peut également y discerner trois orientations : la première correspond à une approche atomiste du langage, la seconde à son approche globalisante, et la dernière à sa réintégration dans la perspective des sujets.

 Le présent article a donc le double objectif de dessiner les trois phases repérables dans ces deux champs et d’apprécier l’étendue de leur parallélisme éventuel.

Abstract : So far cognitive research has, roughly speaking, follow the three main routes of cognitivm(s), connexionism(s) and, more recently, the « enactive » approach. Changing the model has led to attempt to approach the object in a less reductive way – perhaps under the more ot less vague influence of the théories of complexity. Progressively setting aside static conceptions to adopt constructivist conceptions had us led to bringing knowledge closer to creativity, and to make of its workings something subjective.

 Further reflexion suggest that a similar ternary evolution can be discerned in linguistic research. Although it has not often been remarked, one can, in fact, perceive three orientations : the first corresponds to an atomist approzch to language, the second to a globalizing approach, ant the last to its reintegration in the perspective of the subjects. This article therefore has the double aim to sketching the three phases than can be made out in the two fields and to determine to what extent they may be parallel.

2001 :      « La locution et la locutionnalité : bilan orienté », dans Tollis 2001 (éd.) : 211-268.

2001 :     « Présentation », dans Tollis (éd.) 2001 : 11-33.

2001 :     « Premières remarques sur l’alternance ciert- / un- ciert-adjoints (hors pluralité) dans deux corpus d’espagnol », dans Yves Macchi (éd.), Panorama de la linguistique hispanique. Lille 2000, Lille, Université Ch.-de-Gaulle, Lille 3, p. 125-136.

Résumé : Parmi les moyens morphosyntaxiques dont l’espagnol dispose pour procéder à la désignation allusive et/ou évaluative du référent, trois seront abordés ici : un- ~ ciert- ~ un- ciert-, le dernier conjuguant ainsi les apports des deux premiers.

Sur un plan théorique et général, cette situation requiert déjà de se demander comment des éléments, paradigmatiquement concurrents, parviennent à former ensemble une troisième option. A priori, deux grands types d’hypothèses sont envisageables selon que l’on accepte ou non le principe d’un ajustement préalable de chacune des unités sollicitées dans le discours, qu’elle soit de nature lexémique ou grammémique.

Sur un plan idiomatique et sectoriel, qui sera privilégié ici, on s’intéressera au moins à deux choses : 1) l’évocation de la manière dont les deux dernières solutions distinguent et portent à l’attention de l’interprète certains items discursifs et leur contrepartie référentielle ; 2) la recherche de ce qui peut ici ou là pousser à conjuguer l’allusion (par ciert-) à la ségrégation (par un-).

 

2001 :    « Le vocabulaire métadescriptif d’Antonio de Nebrija (1492) », dans Bernard Colombat, Marie Savelli, Métalangage et terminologie linguistique. Actes du colloque international de Grenoble (Université Stendhal Grenoble III, 14-16 mai 1998), Louvain - Paris - Sterland, Virginia, Peeters (« Orbis / Supplementa » 17), p. 379-393.

Résumé  : L’étude des parlers vernaculaires rencontrait d’emblée une première difficulté : celle de savoir quels services tirer d’une tradition descriptive majoritairement issue des langues anciennes.

 En Espagne, Antonio de Nebrija, surtout connu des ses contemporains par ses Introductiones latinae (1481), doit cependant sa postérité à sa grammaire du castillan, qui passe pour la première véritable grammaire romane. Néanmoins, la confrontation externe avec les grammairiens latins du latin n’ayant pas réussi à éliminer toutes les zones d’ombre, son métalexique descriptif demeure d’une étude délicate, faute de définitions explicites.

 Avant d’admettre son imprécision ou son incohérence, on peut cependant tenter de comprendre l’utilisation des termes les plus « techniques » à partir de l’observation résolument interne du texte même de la grammaire. Cette étude, substantiellement entamée, montre au moins trois choses : 1°) un double emploi lato sensu /stricto sensu de certains termes ; 2°) une exploitation pertinente et fine du vocabulaire hérité ; 3°) en cas de besoin, le recours explicite et conscient à des néologismes.

  Au total, il semble bien que Nebrija ait donc navigué avec habileté et pragmatisme entre tradition et innovation.

 

2001 :     « Retour sur l’unité de puissance en psychomécanique : le mot comme lieu d’équilibre entre passé et avenir opératifs », dans Paulo De Carvalho, Nygel Quayle, Laurence Rosier, Olivier Soutet (éds), La Psychomécanique aujourd’hui. Actes du 8e Colloque international de psychomécanique du langag. Seyssel 1997, Paris, H. Champion (« Colloques, congrès et conférences Sciences du langage » 2), p. 15-48.

Résumé : Opposée à celle d’unité d’effet, la notion guillaumienne d’unité de puissance représente une entité cruciale, puisque la théorie en fait le point de départ obligé de toute production verbalement aboutie, c’est-à-dire effective et actualisée.

À partir de là, la psychomécanique a laissé se généraliser l’idée que la langue fournit réellement les mots, mais propose d’en faire théoriquement le résultat d’une édification progressive et étagée qui est responsable de leur constitution souvent pluriatomique, toujours supraatomique.

Devant cet apparent paradoxe, peu souvent souligné au demeurant, l’idée peut venir que, mutatis mutandis, en psychomécanique il pourrait en aller du mot comme de la phrase : s’il se déclare et se réalise bien dans le discours, le mécanisme de son engendrement lui vient de la langue. La présente contribution se propose donc de revenir à ce qu’en a réellement et successivement dit Guillaume.

Abstract : Contrary to the notion of « effective unit », the Guillaumian notion of « potential unit » stands for an essential entity, since the theory makes it the necessary starting point of any verbally achieved production, that is, effective and converted into fact.

Henceforth, Psychomechanics has generalized the idea that the language actually provides the words, but proposes to make them in theory the « result » of a progressive and carefully staged construction, responsible for their sometimes polyatomic, always supra-atomic, constitution.

In front of this apparent paradox, actually very seldom emphasized,the idea may come up that, mutatis mutandis, in Psychomechanics, what happens to the sentence might well happen to the word : if it asserts and concretizes itself in the speech, the process of its production comes from the language. The purpose of the present contribution is therefore to return to what Guillaume really and successively said.

 

2000 :     « La prévisibilité de Juan es Ø gobernador / Juan es un médico, Juan es Ø inteligente / Juan es un estúpido : du linguistique au mondain, via le sociétal », André Resano (éd.), Linguistique hispanique. Nantes 1998, Nantes, Centre de recherche sur les identités nationales et l’interculturalité, p. 333-356.

 

2000 :      « La problématique de l’un et du multiple dans le cas de morphèmes romans polyvalents : Deux groupes d’approches », dans Annick Englebert, Michel Pierrard, Laurence Rosier, Dan Van Raemdonck (éds), Actes du XXIIe congres international de linguistique et philologie romanes, Bruxelles (ULB), 23-29 juillet 1998, Tübingen, Niemeyer, VI : De la grammaire des formes a la grammaire du sens, p. 531-542.

Résumé : En synchronie, il est fréquent de postuler la constance idiomatique de chaque unité. Pourtant, ses mobilisations circonstancielles dans la parole sont aussi diversifiées que le sens énonciatif avec lequel elles viennent à coïncider. Entre l’une et les autres, il y a apparemment comme un monde, comme deux ordres de réalité toujours délicats à mettre en relation lorsque l’on croit l’observation détaillée de la variation langagière aussi justifiée, aussi nécessaire que l’étude épurée de l’invariant idiomatique.

Si cette difficulté est générale, elle s’accroît encore à mesure que les unités étudiées se révèlent plus polyvalentes, ce qui est tout particulièrement le cas avec les morphèmes fortement grammaticalisés. Car, catégoriellement et/ou syntaxiquement, il arrive à un certain nombre d’entre eux de tenir des rôles si divers que leur apparente diversité les a parfois fait insérer dans plusieurs paradigmes.

À partir du cas particulier du un- de l’espagnol, qui a des homologues approchés dans d’autres parlers romans, nous évoquerons la question des grands types de position qu’il est possible de prendre face à l’apparente diversification de ce genre d’unités.

La plus ancienne consiste à expliquer cette variation par une nature elle-même diverse. Le démembrement et l’étiquetage varié des morphèmes considérés accrédite alors l’idée de leur éclatement individuel, pourtant démenti par une conformation phonomorphique inchangée d’un emploi à l’autre.

Une deuxième option, beaucoup plus récente, conduit à regrouper simplement ces mobilisations par types en fonction de la portée sémantique de l’énoncé ; dans le cas des déterminants, celle-ci est volontiers calibrée au regard du général et du particulier.

 Mais on peut ne percevoir aucune rupture entre ce qu’un morphème doit être puissanciellement, et le sens avec lequel, circonstanciellement, il vient à coïncider. Une troisième voie se dessine alors. En dépit de la disponibilité qu’il affiche en énoncé, elle s’efforce de le rétablir dans l’identité et dans l’unité idiomatiques qui sont les siennes hors énoncé.

Comprendre sa disponibilité n’oblige désormais ni à le morceler, ni à en faire un être linguistique modulable lors de ses applications. Il suffit de se rappeler que, comme n’importe quelle autre unité, il est simplement applicable de manière modulée.

Ainsi, des comportements sémantico-syntaxiques apparemment inconstants n’imposent ni la nature plurielle, ni le caractère versatile de ces signifiants. Sans surcoût théorique ni contorsion forcée, il est envisageable de voir dans leur polyvalence langagière l’effet de leur mise en œuvre dans des circonstances énonciatives éminemment changeantes.

 

2000 :     « Néologie lexicale et altérations morphosyntaxiques : Un‑et ill‑e du latin au castillan », dans Jean-Claude Chevalier, Marie-France Delport (éds), La Fabrique des mots. La néologie ibérique [Actes du Colloque international organisé à Paris les 25-26 mai 1998 par l’URA 1036 sur le thème « La néologie ibérique »], Paris, Presses de l’Université de Paris-Sorbonne (« Iberica, Essais » 2), p. 7-54.

 

1998 :     « Gustave Guillaume et l’écriture », Op. cit. [Pau], 10 (Propriétés de l’écriture. Actes du colloque de l’Université de Pau, 13, 14 et 15 septembre 1997. J.‑G. Lapacherie (éd.), p. 123-130.

Résumé : Épistémologiquement originale et plutôt abstraite, l’approche guillaumienne du langage doit sans doute à ces caractéristiques sa diffusion lente et discrète. En contrepartie, à une époque où la durée d’exploitation d’une théorie linguistique est souvent courte, cela a peut-être favorisé son utilisation plus de soixante ans encore après son apparition, ainsi que son internationalisation relative.

 Pour ce qui est de l’écriture comme transcription, ce que l’on trouve dans l’œuvre publiée de Guillaume permet de voir que, à la différence de bon nombre de ses contemporains, il est loin de l’avoir cantonnée dans un rôle subalterne. En soulignant ses liens privilégiés avec la pensée et son rôle dans l’évocation de l’architecture linguistique des idiomes indo-européens, il a au contraire dégagé la profondeur de son enracinement et la portée de son témoignage. 

 

1998 :     « Invariant idiomatique et variations langagières : du un‑ adjoint de l’espagnol au un‑ “substantivé », dans Gilles Luquet (éd.), Travaux de linguistique hispanique [Actes du VIIe colloque de linguistique hispanique (Paris - Sorbonne, 8, 9 et 10 février 1996)], Paris, Presses de la Sorbonne nouvelle, p. 423-449.

Résumé : Entre une unité du langage et ses emplois il y a appa­rem­ment un monde, et une mystérieuse alchimie. En effet, si à chaque mor­phème l'architecture idioma­tique pousse à attribuer une cer­taine cons­tance, on le rencontre aussi dans des con­textes sé­mantiques large­ment diversifiés. C'est cette problématique générale que nous voudrions aborder ici au travers du un‑(+ s) de l'espagnol actuel et de ses différentes exploitations.

 Une première tentation consiste à expliquer cette varia­tion applicative par la nature elle-même plurielle de ce signifiant. Un‑ est alors démem­bré et alternativement identifié comme ‘numéral’, comme ‘article’, comme ‘indéfini,’ etc. L'ennui est que, inchan­gée dans tous ces rôles, sa conformation fait obs­tacle à toute di­vi­sion. Une deuxième option conduit à regrouper simplement ces mobilisa­tions selon la portée sémantique de l'énoncé au regard du général et du particu­lier.

Mais on peut aussi ne percevoir aucune rupture entre ce que un‑ doit être puissanciellement, et le sens avec lequel, cir­constan­ciellement, il vient à coïncider. Une troi­sième voie se dessine alors. En dépit de la dis­ponibilité qu'il af­fiche en énoncé, elle s'efforce de le rétablir dans l'identité et dans l'unité idioma­tiques qui sont les siennes hors énoncé. Comprendre sa disponibilité n'oblige désor­mais ni à le mor­ce­ler, ni à en faire un être linguistique modulable lors de ses ap­plications. Il suffit de se rappeler que, comme n'importe quelle autre unité, il est sim­ple­ment applicable de manière modulée.

Ainsi, le comportement apparemment inconstant de un‑ n'impose pas d'en faire un être polysémique ou ver­sa­tile. Sans surcoût théorique ni contorsion forcée, on peut se contenter d'en faire un être polyvalent dont les effets varient en fonction des cir­constances de sa mise en œuvre.

 

1997 :     « La psychomécanique du langage et le guillaumisme dans la perspective des recherches cognitives », dans Paulo De Carvalho, Olivier Soutet (éds), La psychomécanique du langage. Problèmes et perspectives. Actes du 7e Colloque international de Psychomécanique du langage (Cordoue, 2-4 juin 1994), Paris, H. Champion (« Champion varia » 11), p. 329-340.

Résumé : Aucun linguiste ne peut plus ignorer les recherches cognitives. On a dit et écrit que « Guillaume [est l’] aïeul tutélaire de la sémantique cognitiviste “à la française” ». Pourtant, à quelques initiatives près, la psychomécanique ne semble pas en avoir été affectée.

 Laisse-t-elle réellement percer les premières préoccupations cogniticiennes en linguistique ? C’est cette question qui, en dépit des embûches (bibliographie foisonnante, interdisciplinarité et apparente nébulosité des recherches cognitives) nous a incité à tenter un survol attentif des expériences et/ou des résultats des cogniticiens.

Sans prétendre aucunement y parvenir, nous essaierons ici de situer le guillaumisme au regard de la linguistique qui se réclame de la cognition. Pour ce faire, nous nous pencherons exclusivement sur deux choses : la nature même de l’approche guillaumienne et la notion analytique de représentation.

 

1995 :     « Algun- dans la perspective de un- : réflexions sur son “problematismo” », dans Michel Camprubi (éd.), Permanences et renouvellements en linguistique hispanique / Actes du VIe colloque de linguistique hispanique (Toulouse, 18 et 19 mars 1994), Toulouse, C.R.I.C., Université de Toulouse-Le Mirail, p. 323-333.

 

1994 :    « ¿Qué ocurre ? vs ¿Qué es lo que ocurre ? : sur la viabilité de qué nucléaire su­jet dans des énoncés interrogatifs d’espagnol écrit », dans Jeanine Stolidi (éd.), Recherches en linguistique hispanique, Actes du colloque d’Aix-en-Provence 20-21 mars 1992, Aix-en-Provence, Publications de l’Université de Provence, 1994, p. 409-421.

 

1994 :     « La presentación de lo gráfico-fónico en la Gramática de Nebrija y en el Arte de trovar de Enrique de Villena, dans R. Escavy, J.-M. Hernández Terrés, A. Roldán (eds.), Actas del Congreso internacional de historiografía lingüística [Congreso V Centenario-Nebrija, Murcia, 1-4 avril 1992], III : Nebrija y otros temas de historiografía lingüística, Madrid : Nebrija V Centenario, p. 605-617.

 

 

Collectifs et hommages

 

2015 :   « L’engendrement étagé des formes verbales dans les parlers indo-européens selon Maurice Toussaint (1936-2010) », dans Elena Gaspar (éd.), Temps, mode et aspect dans les langues ibériques, Rouen (« Epilogos » 4), p. 189-201. Publié sur CDRom, d.e.l. : <&&&>.

 2015 :  « Ségrégation et pluralité au sein du un‑s espagnol adjoint : De l’élémentaire au collectif, du qualitatif au quantitatif » (2007), dans Louis Begioni, Paola Placella (éds), Problématiques des langues romanes, Linguistique, politique des langues, didactique, cultura. Hommage à Alvaro Rocchetti, Fasano, Schena Editore - Paris, A. Baudry (« Biblioteca della ricerca. Linguistica » 69), p. 291-302.

Résumé : Des langues romanes, le castillan est sans doute parmi celles qui, de nos jours, font de l’issue du un- latin un usage d’autant plus large qu’il continue d’y être pluralisable – quoique défectivement.

 Ce sont précisément les conditions et/ou les conséquences sémantiques de cette pluralisation en contexte périnominal qui sont ici abordées. Pour un-s, la question est donc celle de ses effets – la finition générique interfixée en -o- ou en -a- -étant ici neutralisée.

On se penchera moins sur les différentes approches référentielles auxquelles cet agrégat se prête, en tant qu’il intègre en lui un un-, que sur les éventuelles distorsions imputables à la rencontre de ce dernier avec le pluriel (masculin ou féminin) : moins .sur ses types d’application énonciative que sur les familles d’effets surajoutés – si familles il y a.

2013 :         « Amistoso y respetuoso homenaje a Maurice Toussaint : una lectura de su teoría lingüística », traducción de Concepción Hermosilla Álvarez, dans Ma Luisa Calero Vaquera, Ma Ángeles Hermosilla Álvarez (eds.), Lenguaje, literatura y cognición, Servicio de publicaciones, universidad de Córdoba, p. 19-44, disponible en ligne : <www.academia.edu/3249743/Lenguaje_literatura_y_cognición>.

 

2012 :         « La traduction française de un-s devant substantif non-métrologique dans Las Últimas banderas d’A. M. de Lera : Étude des principales variations (ségrégation et quantification) » (2011), dans Gilles Luquet (éd.), Morphosyntaxe et sémantique espagnoles. Théories et applications, Paris, Presses Sorbonne nouvelle, p. 215-228.

 

2012 :         « Projet et maturation d’un traité sur le parler vulgaire : Elio Antonio de Nebrija des Introductiones latinae (1481) à la Gramática castellana (1492) », dans Teddy Arnavielle (éd.), Voyages grammairiens [Actes du colloque « Comment peut-on écrire une grammaire ? », Montpellier, 13-14 janvier 2011], Paris, L’Harmattan (« Langue & parole »), p. 33-48.

2012 : « Étude comparative des deux versions de “Observation et explication dans la science du langage” de Gustave Guillaume (1958) », Genesis (Manuscrits, Recherche, Invention), 35 (Le Geste linguistique,  I. Fenoglio éd.), p. 119-128.

2012 :    « Les personnes communicantes et la perspective guillaumienne d’une remontée vers la langue des conditions de son utilisation », dans Catherine Douay, Daniel Roulland (éds), L’Interlocution comme paramètre [Actes du colloque de linguistique organisé par le C.O.R.P.U.S. EA 4295, Amiens, 6-7 janvier 2011], Rennes, Presses universitaires de Rennes (« Rivages linguistiques »), p. 36-54.

Résumé : L’approche de la déflexivité l’a encore récemment montré, le concept de personne occupe une place centrale dans la théorie de Gustave Guillaume (Leçons de linguistique. 1947-1948 Série C. Grammaire particulière du français et grammaire générale (III), 8, Québec, Les Presses de l’université Laval, Lille, Presses universitaires de Lille, 1988, [24-IV-48] p. 177/2). D’un autre côté, même si on le tient avant tout pour un linguiste de l’amont, il n’a jamais perdu de vue la fonction relationnelle et communicante du langage :

 À s’en tenir au côté actif et communicatif du langage, la relation dont le langage assume la charge est une relation humaine entre deux personnes, la parlante et l’écoutante, et entre ces deux personnes seulement (ibid., [30-IV-48] 187/1-2).

 Le colloque ayant pour objectif de voir pourquoi et comment l’interlocutivité devrait être placée au centre de toute théorisation productive du langage et de son exercice, il a paru envisageable de regarder ce qu’il en est de cette éventualité à partir de la théorie de Guillaume. Dans le prolongement des propositions d’A. H. Gardiner et de C. Douay et de ce que nous avons choisi d’en retenir personnellement, il s’agit donc ici d’examiner et de présenter, sur le registre historiographique et sans souci particulier pour la doxa psychomécanique, sa ou ses position(s) sur la place de la communication et de ses pivots personnels au sein du langage, notamment au regard de la langue.

Abstract

As shown again recently by the reflexion on deflexivity, the "person" as a concept holds a central position in Gustave Guillaume’s theory (Leçons de linguistique. 1947-1948 Série C. Grammaire particulière du français et grammaire générale (III), 8, Québec, Les Presses de l’université Laval, Lille, Presses universitaires de Lille, 1988, [24-IV-48] p. 177/2). Moreover, even if he is first and foremost considered as a linguist of operative processes -that is of the "amont"-, he never lost view of the relational and communicative function of language:

If one takes into consideration the active and communicative aspect of language, the relation language takes charge of is a human relationship between two persons, the speaker and the listener, and between those two persons only (ibid., [30-IV-48] 187/1-2)

The aim of the present symposium being to delve into why and how any productive theorisation of language and its use should be centered on interlocutivity, it has seemed possible to question the validity of such a working hypothesis within the frame of Guillaume’s theory. Following on A.H. Gardiner’s and C. Douay’s analysis - or more precisely on our personal interpretation of them -, this presentation will examine, from a historiographic point of view and without any particular consideration for the psychomecanic doxa, Guillaume’s position(s) on the part played within language by communication and the pivotal role of the "persons" involved, more precisely with regards to the system of "la langue" (tongue).

 

2011 :        « Le concept d’actualisation guillaumien est-il de nature continuiste ? », dans Marc Arabyan et alii (éds), Le Concept d’actualisation en psychomécanique. Actes du XIIe colloque international de psychomécanique du langage, Bruxelles 18-20 juin 2009, Limoges, Lambert-Lucas, p. 47-58.

Résumé: Proposant une conception génétique, donc opérative ou cinétique, du langage, Guillaume en a pensé et décrit la réalité en même temps que l’exercice comme un ensemble de processus d’engendrement ou de mise en œuvre. Depuis les remarques de Launay de 1977, on sait cependant qu’il n’est apparemment pas toujours resté fidèle à ce credo, et que, sans forcément le vouloir, il a parfois traité l’opératif comme du résultatif ou incité à le faire. Par ailleurs, avec sa linéarité et son « point versif » médian, le tenseur binaire radical régulièrement utilisé pour rendre lisibles ces genèses orientées y introduit des ruptures que l’on pourrait croire porteuses de discontinuité. Ses successeurs n’ont pas forcément évité l’écueil, et, de nos jours, leurs écrits laissent percer, au mieux des traces de cette indécision, au pire quelques crispations essentialistes. En interrogeant sa notion d’actualisation telle qu’on la voit progressivement émerger dans les écrits fondateurs de la psychomécanique jusqu’au recours tardif à la notion d’effection, on cherche ici à voir dans quelle mesure elle satisfait à la continuité qui est parfois revendiquée par Guillaume et ses exégètes, et donc sa compatibilité actuelle avec ce continuisme auquel, dans la dernière décennie du siècle précédent et à partir de soubassements théoriques pourtant distincts, certains linguistes français semblent avoir abouti. Finalement, la question est de (sa)voir si cette actualisation, avec ses allures de processus second jouant sur des acquis mentaux virtuels mais préalables, n’entretient pas une propension naturelle au fixisme, encore observable dans le sillage de Guillaume.

 

2009 :     « “Dioptrique humaine” et temps opératif : deux aspects de la psychomécanique du langage soulignés par la gramática liminar », dans La Lingüística como reto espistemológico y como acción social. Estudios dedicados al Profesor Ángel López García con ocasión de su sexagésimo aniversario, Montserrat Veyrat Rigat, Enrique Serra Alegre (eds.), Valencia, Arco/Libros, p. 385-399.

 

2005 :      « La réforme de l’orthographe par Nebrija et son application dans le texte de sa Gramática castellana (1492) : du manuscrit aux incunables et à leurs transcriptions modernes », dans Campos Souto Mar (ed.), Del « Libro de Alexandre » a la « Gramática castellana », Lugo, Ed. Axac (« Yuso » 2), p. 155-172.

 

2004 :    « Avant-propos », dans Alexandra Mantcheva, La Linguistique. Œuvres de Krassimir Mantchev, I, Paris, L’Harmattan (« Sémantiques »), p. XV-LII.

 

2001 :     « La traduction de un-s est-elle automatisable ? », dans Xavier Blanco, Pierre-André Buvet, Zoé Gavriilidou (éds.), Détermination et formalisation, Amsterdam – Philadelphie, J. Benjamins Publishing (« Linguisticae investigationes, Supplementa » 23), [2001], p. 315-326.

 

2000 :     « Une déflexivisation toujours en marche ? : la concurrence si / /el/ en espagnol », dans Miscellanées de langues et cultures romanes et celtiques en hommage à Robert Omnes, Brest, EA « Littératures et langues », Faculté des lettres et sciences sociales V. Segalen, Université de Bretagne occidentale, p. 139-148.

 

1999 :     « À propos du verbe et de l’opération qu’il inclut : se et les configurations en se en espagnol », dans Mélanges de linguistique, sémiotique et narratologie dédiés à la mémoire de Krassimir Mantchev à l’occasion de son 60e anniversaire, Sofia, Colibri, p. 381-417.

 

1998 :      « À propos de la prétendue “négativité” de algún », dans Nicole Delbecque, Christian De Paepe (éds), Estudios en honor del Profesor Josse de Kock, Leuven, Leuven University Press (« Symbolae : Facultatis Litterarum Lovaniensis, Series A » 25), p. 519-528.

 

1998 :     « Le couplage analytique des morphèmes en /un/‑ et en ‑/l/‑, vu de l’espagnol » dans Danielle Leeman, Annie Boone, Du percevoir au dire. Hommage à André Joly, Paris, L’Harmattan, p. 131-145.

Résumé : Dans la tradition descriptive du français, il est courant de voir les deux morphèmes en /un/‑ et en ‑/l/‑ couplés individuellement. Pourtant, outre qu’il a fallu à cet appariement du temps pour émerger dans l’histoire de la grammaire anglaise, puis française, il n’a jamais vraiment réussi à s’imposer unanimement dans celle de l’espagnol.

 Une question demeure donc encore : est-il réellement imposé par l’économie de ces idiomes ou n’est-il jamais qu’une option descriptive parmi d’autres ? Afin de la reposer dans des termes partiellement renouvelés, on trouvera ici :

1°) un retour critique sur les grands traits de l’analyse proposée, pour le français, à l’appui de leur jumelage systémique, notamment celle qui a été progressivement échafaudée par Joly ;

2°) les remarques qui ont régulièrement servi, au contraire, pour le refuser dans le cas du castillan, car, quoique nées dans un cadre idiomatique distinct, certaines d’entre elles ont une portée suffisamment générale pour fournir de possibles contre-arguments.

 

1998 :     « La traductologie comme révélateur des variations de l’actualisation ? (A propos du un‑s adjoint de l’espagnol) », dans Jeanne-Marie Barbéris, Jacques Bres, Paul Siblot (éds), De l’actualisation, Paris, CNRS Ed., p. 119-135.

Résumé : Les solutions que le traducteur choisit pour le texte-cible découlent fatalement de l’interprétation qu’il fait du texte-source, largement déterminée par la manière dont ses éléments constitutifs sont finalement actualisés. Par ailleurs, une même unité de la langue de départ reçoit à l’arrivée des traitements divers, variables d’une traduction et d’une occurrence à l’autre. On peut donc se demander si l’examen de cette variation ne peut pas éclairer sur cette actualisation même, surtout dans le cas d’une unité fortement grammaticalisée comme ici le un- adjoint de l’espagnol.

 

1997 :     « La terminologie descriptive de Nebrija dans la Gramática de la lengua castellana : nouveaux regards à la lumière de l’informatique (II : de la sílaba a la oración) », dans Homenaje universitario a D. A. Roldán, Murcia, Universidad, 1997, I, p. 563-616.

 

1996 :     « La terminologie descriptive de Nebrija : nouveaux regards à la lumière de l’informatique (I : autour de la notion de letra) », dans Hommage des hispanistes français à H. Bonneville, s. l., SHF, p. 591-620.

 

1996 :     « Introduction : The Psychomechanics of language and its various developments », dans Tollis 1996 (éd.) : 7-23.

 

1996 :     « General Bibliography », dans Tollis 1996 (éd.) : 187-245.

 

1992 :     « Nebrija face à la réalité (énoncive et) graphophonique du lan­gage : à propos d’une terminologie » [1991], traduction espagnole (anonyme) sous le titre « Nebrija frente a la realidad enunciativa y grafofónica del lenguaje : a propósito de una terminología », dans Nebrija, A. de, Gramática de la lengua castellana, Madrid, Ed. de Cultura hispánica, III : Estudios nebrisenses (M. Alvar ed.), p. 261-312.

 

1988 :    « Approche psychomécanique du cuant- interrogatif espa­gnol », dans Hommage à B. Pottier, Paris, Klincksieck = Annexes des Cahiers de lin­guistique hispanique médiévale, 7/2, p. 775-785.

 

1987 :     « A propos de la genèse mentale de la phrase (Réflexions sur les proposi­tions de K. Mantchev) », dans Mélanges offerts à M. Molho, III (Linguistique) = les Cahiers de Fontenay (Paris), p. 357-370.

 

Articles dans des revues internationales ou nationales
avec comité de lecture (ACL) :

 

à paraître 2019 : « La dimension anthropologique (anthropogénétique) de la linguistique de Gustave Guillaume », Le Français moderne, 1, p. 33-45.

Résumé : Avant Benveniste, son cadet de vingt ans, Guillaume a souvent rapproché la linguistique de l’anthropologie et Avant Benveniste, son cadet de vingt ans, Guillaume a souvent rapproché la linguistique de l’anthropologie et considéré que le langage était si étroitement lié à la condition humaine – même si cette dernière expression, tardivement apparue dans ses écrits y demeure rare – que leurs développements respectifs lui semblaient avoir été parallèles. Il attendait donc de la linguistique qu’elle se focalise sur cette dimension du langage, qui en fait le plus efficace instrument de cristallisation et de manifestation de la pensée et, avec la personne et ses diverses facettes pour clé de voûte, le meilleur témoin de notre hominisation.

      Néanmoins, à la pensée et au langage il attribuait une existence et une réalité autonomes et jugeait que leur très fréquente mise en contact dans le discours n’a d’effet majeur ni sur l’une ni sur l’autre. Ainsi, même si l’emploi constant et partagé de la langue a fini par lui conférer un certain hypopragmatisme, GG estimait que la pensée pensante (en genèse) demeurait tout à fait hors de portée, et n’était abordable que par le biais de la pensée pensée (aboutie).

      Sur la fin de sa vie, cependant, ces partis pris mentalistes ne l’ont pas empêché d’appeler de ses vœux, avec le concours des « médecins-grammairiens », la mise au jour d’une certaine isologie physico-mentale. C’était peut-être très neuf à la fin des années 1950.

Abstract 1

Before Benveniste, 20 years his junior, Guillaume often drew a link between linguistics and anthropology. He considered that language was so inherent to « the human condition » ‑ even if such a phrasing is rarely to be found in his writings and only so in his latest period ‑ that their development could only be seen as parallel. He therefore expected linguistics to focus on that aspect of language that turns it into the most efficient tool for crystallizing and embodying thought, thus providing ‑ with the muti-faceted nature of the « person » as a keystone to the process s‑ the best proof of our humanization.

      However, he considered thought and language as autonomous entities, so that their frequent contacts in discourse had no permanent effect on either. Therefore even if the constant and common use of language has eventually confered it some hypopragmatic component, GG considered « thinking thought » (in genesis) remained totally out of reach, and could only be grasped through a « thought thought » (actualized).

      Toward the end of his life, however, his mentalist bias did not prevent him from advocating the exposition of a certain physico-mental isology, with the help of « grammatical doctors ». In the fifties, such a position may have been quite innovative.

Abstract 2

  1. Before Benveniste, 20 years his junior, Guillaume often drew a link between linguistics and anthropology. Considering that language was so inherent to « the human condition » – even if such a phrasing is rarely to be found in his writings and only so in his latest period ‑ to him their development could only be seen as parallel.
  2. In so far as to him writing and the alphabets best testified to such a linguistico-mental intrication (he saw them as ultimately closer to thought than any other form of verbal expression), he recommended devoting ample attention to their study. Therefore GG expected linguistics to focus on that human component that transforms language into the most efficient tool for crystallizing and embodying thought, thus providing the best proof of our humanization. However, within such a study, (historical) inputs should be clearly separated from the (systemic) relationships they have generated, thanks to some « fundamental operations », which he saw as few, extremely simple, but constantly and recurrently applying to their own output.
  3. Endowed of a three-faceted nature (spiritual, social and human), the « person » appeared to him as the real keystone of such a process, and, due of its narrowness, the reason why time happens to be thought of as a flux, at least in certain forms of speech.
  4. He considered thought and language as autonomous entities, so that even if they obviously come into contact with each utterance, when language attempts to give constructive form to thought, it has no permanent effect on either. Admittedly, their necessary and frequent contacts have eventually confered to language some hypopragmatic component, so that it can prove efficently motivated in discourse. Nevertheless, GG considered « thinking thought » (in genesis) remained totally out of reach, and could only be grasped through a « thought thought » (actualized).
  5. Toward the end of his life, however, his mentalist bias did not prevent him from advocating the exposition of a certain physico-mental isology, with the help of « grammatical doctors ». In the fifties, such a position may have been quite innovative.

 

 2019 :   « L’introuvable signifié : De sa postulation à son repli sur le signifiant et à son éventuelle dispersion dans un référentiel socialisé », Signifiances / Signifying, 2/1 (Le symbole est-il diabolique ? Duplicité(s) du signe en question, Élodie Blestel, Chrystelle Fortineau-Brémond,  Marine Poirier (éds), p. 71-94, disponible en ligne : <http://revues.clermont-universite.fr/index.php/Signifiances/issue/view/23>.

Résumé : Dans le prolongement du Saussure académique du Cours, qui s’est longtemps imposé sur ses écrits authentiques plus tardivement publiés, on en est venu à représenter le signe linguistique sous l’espèce d’une entité bicéphale à deux facettes, inséparables mais distinctes. De nos jours, néanmoins, la question se pose de savoir si leur relation est de concordance (symbolique) ou de discordance (diabolique).

      Qu’on y voie ou non une authentique donnée, le signifiant de l’unité linguistique semble la moins évanescente de ses deux composantes. C’est donc sur la notion de signifié unitaire, pourtant bien installée dans la réflexion sur le langage, que le débat retombe. Car, avec le dualisme dont elle est inséparable et la perspective ontologique à laquelle elle prédispose, elle semble présenter au moins autant d’inconvénients que d’avantages. C’est à elle que la présente réflexion est consacrée.

Abstract : In the line of the academic presentation of Saussure’s « Cours de linguistique générale » that, for long, prevailed over the master’s authentic writings that were only published much later, the linguistic sign came to be represented as a two-headed entity with two inseparable yet distinct facets. Today, however, the question remains whether their relationship is one of (symbolic) concordance or (diabolic) conflict.

      Whether it is considered or not as authentic data, the signified of the linguistic unit stands out as the more evanescent of the two components. Although widely referred to when reflecting on language, the notion of a unitary signified is therefore a much debated issue today, and the topic of the present paper. Indeed, with its inherent dualistic nature and the ontological perspective it implies, it raises as many drawbacks as benefits.

 

 2018 :   « De la théorie de Gustave Guillaume à la cognition : Langage et pensée, lucidité, mécanique intuitionnelle, connaissance et vécu », Studii de Știință și Cultură, XIV/4 (55), p. 13-24, disponible en ligne : <http://www.revista-studii-uvvg.ro/files/2018/Volumul_XIV_Num%C4%83rul_4%20_(55)_2018/2.pdf>.

Résumé  : Gustave Guillaume, qui a très tôt été remarqué pour l’originalité de sa pensée et ses exigences épistémologiques, est souvent passé pour un pionnier auprès de ses successeurs. Est-ce justifié au regard des approches cognitives du langage ? Comme déjà en 1994, en 2018 se pose encore la question de l’adaptabilité de sa théorie à cette perspective. On se focalisera ici sur la lucidité humaine d’où Guillaume, avec ses préoccupations anthropogénétiques, fait dériver l’invention du langage et la curiosité scientifique, sur la mécanique intuitionnelle qui lui est sous-jacente mais est applicable aussi aux autres disciplines explicatives, et sur la nature qu’il attribue à la connaissance réflexive au regard du vécu.

Mots clés : théorie guillaumienne, langage et pensée, mécanique intuitionnelle, connaissance et vécu

Abstract : « From Gustave Guillaume’s theory to cognition : language and thought, lucidity, intuitional mechanics, knowledge and experience »

Gustave Guillaume, who was very early acknowledged for the originality of his ideas and his epistemological demands, is often considered to be a pioneer by his followers. Is such a position justified from the point of view of the cognitive approaches to language ? Just as it was in 1994, the question of how adaptable his theory is to such a perspective is still open. The present paper will focus on different aspects of the problem. First, human lucidity from which, according to Guillaume and his anthropogenetical concerns, the invention of language is derived. Then scientific curiosity, and the intuitional mechanics that underlie it but can also apply to other explanatory disciplines. Finally the way he considers reflexive knowledge in its relation to life experience will be dealt with.

Keywords : Guillaume’s theory, language and thought, intuitional mechanics, knowledge and experience

 

2018 :    « À la recherche des traces signifiantes indissociables des langues : Six approches théoriques hexagonales », dans Élodie Blestel, Chrystelle Fortineau-Brémond (éds), Le signifiant sens dessus dessous. Submorphémie et chronoanalyse en linguistique hispanique, Limoges, Lambert-Lucas, p. 27-53.

Résumé  : Souvent inspirées par certaines propositions des grands aînés de la discipline, les approches linguistiques qui sont présentées ici partagent au moins deux orientations et un objectif. D’une part, leur retour systématisé à l’idée d’une certaine analogie entre le signifiant et le signifié et leur opposition au credo arbitriste postsaussurien les poussent à délaisser la perspective onomasiologique et à privilégier l’attitude sémasiologique. D’autre part, elles pensent que, loin d’être aléatoire, toute particule signifiante, quelque nature qu’on lui accorde, est toujours susceptible de faire l’objet d’une ou de plusieurs lecture(s). Du coup, elles affichent le même souci de mettre prioritairement au jour les traces qui permettent au langage de se manifester en surface et, via cette matérialisation, de faciliter le contact entre les individus dès qu’ils sont capables de communiquer verbalement.

      Par ailleurs, même si parfois elles ne résistent pas à celle du mot, ces approches tendent majoritairement à se dégager de l’emprise du morphème, et cherchent si, à un niveau d’analyse ultérieur mais à un niveau génétiquement antérieur, il n’y a pas à isoler des éléments plus petits, dès l’instant où leur constance sémiotique fait écho à une constance sémique corrélative.

      Encore minoritaires sans doute, ces approches n’en sont pas moins diverses et nombreuses, et il n’était guère possible d’en faire l’examen approfondi ni un bilan réellement exhaustif. Il a donc fallu aller à l’essentiel, et, par manque de place, faire très injustement l’impasse sur un certain nombre de travaux, dont, parmi les plus récents, ceux de Michaël Grégoire, qui, à sa manière, a élaboré une théorie personnelle dans laquelle on peut voir un prolongement propre, syncrétique et élargi, des autres propositions abordées ici.

Resumen : Muchas veces inspiradas en algunas de las propuestas antiguamente surgidas en el campo de la lingüística, las teorías aquí presentadas comparten por lo menos dos orientaciones y un objetivo. Por un lado, convencidas de la existencia de cierta analogía entre significante y significado y opuestas a todo arbitrismo postsaussuriano, tienden a abandonar la perspectiva onomasiológica y preferirle una postura semasiológica. Por otro lado, consideran que ninguna partícula significante – de cualquier manera que la definan – tiene carácter aleatorio, sino que, al contrario, se presta a una o varias lectura(s). A consecuencia, todas se preocupan por sacar a la luz las señales que permiten al lenguaje adquirir manifestación superficial y, mediante esta materialización, facilitar el contacto entre los individuos en cuanto se muestran capaces de comunicar verbalmente.

      Por otra parte, aunque a veces se dejan seducir por la palabra, la mayor parte de aquellas teorías se esfuerzan por librarse del dominio del morfema, y procuran ver si, en un momento posterior del análisis pero genéticamente anterior, no se han de aislar elementos de menor tamaño, con tal que su constancia semiótica se corresponda con una constancia sémica.

      Aunque minoritarias, no cabe duda, son diversas y numerosas, de modo que no era posible examinarlas detalladamente ni hacer de ellas un balance realmente exhaustivo. Así, por falta de espacio, ha sido necesario atenerse a lo esencial y pasar por alto algunos estudios, entre los más recientes los de Michaël Grégoire, quien ha elaborado una teoría personal que puede considerarse una síntesis propia, sincrética y ampliada, de las anteriores.

 

 2018 :   « Les études linguistiques sur l’espagnol en France avant 1999 », Chréode [Paris], 2 (Hommage à Marie-France Delport), p. 13-32.

 

2017 :  « La théorie linguistique de Gustave Guillaume scrutée dans une perspective énactive », Signifiances / Signifying, 1/1 (Langage et énaction : problématiques, approches linguistiques et interdisciplinaires // Réflexions sur les théories en sciences du langage à la lumière de l’énaction [Actes du 1er Colloque international « Langage et énaction. Production du sens, Incarnation, Interaction », organisé les 1er-3 juin 2016 à Clermont-Ferrand]), exclusivement disponible en ligne : <https://doi.org/10.18145/signifiances.v1i1>.

Résumé : Aux successeurs de Gustave Guillaume on a souvent reproché une forme d’opportunisme qui, dans sa théorie linguistique, les a successivement conduits à retrouver certains traits de la grammaire générative, puis de l’énonciationnisme et de la sémantique cognitive.

      En arrière-plan des approches énactives du langage actuelles, la question a été posée de savoir si quelque chose en perce dans ses écrits publiés. A priori, vu qu’ils sont antérieurs à 1960, le risque est cependant grand de n’y trouver aucun signe avant-coureur. Néanmoins, en revenant aux bases de sa linguistique, cette enquête peut aussi être l’occasion de l’aborder dans la perspective d’une métarecherche comparable à celle dont les errements récents de la biomédecine ont favorisé l’émergence.

Abstract  : Gustave Guillaume’s followers have often been blamed for their opportunistic approach, choosing to single out in his theory those elements that seemed to bear a resemblance to generative grammar, or later on to utterer-centered models or even to cognitive semantics.

      Today again, some question the possibility of finding some inkling of a language enaction logic in his published works. Those works having been written before the 1960s, there doesn’t seem however to be much chance of finding any early sign of such a perspective. Yet, if one goes back to the basis of his linguistic theory, such a study could well create the conditions for a a new global perspective such as the one that has emerged from the recent misteps of biomedical research. 

 

2014 :    « La neurosémantique épistémique de Maurice Toussaint (1936-2010) : une théorie cognitivo-énonciative inspirée de Gustave Guillaume (1883-1960) », Synergies Europe, Revue du GERFLINT (Groupe d’études et de recherches pour le français langue internationale), 9 (Énonciation et neurosciences cognitives, Abdou Elimam éd.), p. 45-70, disponible en ligne : <http://gerflint.fr/Base/Europe9/tollis.pdf>.

Résumé  : Valette a bel et bien intégré la neurosémantique épistémique de M. Toussaint dans ses Linguistiques énonciatives et cognitives françaises (2006 [2001]). Cette catégorisation critique et argumentée justifie donc déjà qu’on aborde cette théorie originale sous la rubrique de l’énonciation. Mais en plus, comme son créateur l’a on ne peut plus explicitement indiqué, le préfixe neuro- qu’il utilise pour la désigner, sans doute bien avant que les neurosciences aient conquis la place qui de nos jours est la leur, invite à voir en quoi et comment elle peut en être rapprochée. C’est donc essentiellement sous ces deux angles que cette théorie sera examinée ici, sans s’occuper de l’enga­gement quasiment militant contre l’arbitrarité du signe dont elle a parallèlement été accompagnée.

Abstract : Maurice Toussaint’s epistemic neurosemantics (1936-2010) : a cognitive, speaker-centered theory inspired by Gustave Guillaume (1883-1960)

Valette did integrate M. Toussaint’s epistemic neurosemantics in his collection of French cognitive and speaker-centered linguistic theories (2006 [2001]). Such a reasoned critical categorisation is ample justification for an analysis of Toussaint’s original theory from a speaker-centered point of view.Moreover, as explicitely indicated by its creator, the choice he made to qualify it through the prefix « neuro- », well before neurosciences had acquired the prominent position they have today, is an incentive to search the possible connections between the two models. It is essentially from these two perspectives – cognitive and speaker-centered – that Toussaint’s theory will be examined in this paper, leaving aside his parallel, quasi-militant involvement against the arbitrariness of the linguistic sign.

 

2014 : « La métaphore revisitée : Le processus métaphorique selon la neurosémantique épistémique de Maurice Toussaint (1936-2010) », Publif@rum [Gênes], 23 (Les Avatars de la métaphore, Elisa Bricco et alii (éds), disponible en ligne depuis le 11/05/2015 : <www.publifarum.farum.it/ezine_articles.php?publifarum=e56b7f7bc8db12695fd2cce98f266d83&art_id=319> ou <www.publifarum.farum.it/ezine_articles.php?art_id=319>.

Résumé : L’engagement de Maurice Toussaint contre l’arbitraire du signe – une problématique qui redevient d’actualité –, semble toujours mal connu ou carrément ignoré, bien qu’il ait donné lieu à la publication tardive de son livre en 1983. Il en va de même pour sa théorie linguistique originale, la neurosémantique épistémique, partie mais évadée de la psychomécanique du langage guillaumienne stricto sensu. Encouragée par les recherches sur les formes sémantiques, elle a notamment abordé la métaphore en des termes dynamiques plutôt nouveaux, dans la mesure où elle en fait le fruit initial d’un processus d’engendrement du sens, et non son avatar sémantique tardif et dérivé.

      Avec ses échos au sein d’autres approches du sens verbal, c’est cette démarche qui sera présentée ici, avec la certitude qu’elle ne manquera pas d’alimenter le débat.

Abstract : The metaphor revisited : The metaphorical process according to Toussaint’s epistemic neurosemantics (1936-2010)

Maurice Toussaint’s commitment against the principle of the arbitrary nature of the sign – a questioning that is coming back into light – still seems poorly understood or even totally ignored, even if it led to the late publication of his book in 1983. The same can be said about his original linguistic theory, epistemic neurosemantics, which is derived – and at the same time stands apart – from the most classic tenets of Guillaume’s psychomecanics of language. Stimulated by research on semantic forms, it deals, among other topics, with the metaphor in dynamic and rather innovative terms, in so far as it considers it as the initial product of the meaning generating process and not as one of its late and derivative semantic outputs.

      This is the line of thinking that is presented here, together with the echoes that can be found in other approaches of verbal meaning. It will no doubt contribute to the ongoing debate.

 

2014 : « Gustave Guillaume relu par Maurice Toussaint : filiation revendiquée, réévaluation critique et exploitation originale », Studii de Ştiinţă şi Cultură [Études de Science et de Culture, Universitatea de Vest « Vasile Goldiş » din Arad (Roumanie)], X/2 = 37 (Perspectives psychomécaniques sur le langage et son acquisition. Actes du XIIIe congrès de l’Association internationale de psychomécanique du langage, Naples, 20-22 juin 2012), p. 179-188, disponible en ligne : <www.revista-studii-uvvg.ro/index.php?option=com_content&view=article&id=799:gustave-guillaume-revisited-by-maurice-toussaint--claiming-filiation-while-critically-reevaluating-and-originally-exploiting-the-theory&catid=74:volumul-x-numarul-2-37-2014>.

Résumé : Longtemps la neurosémantique (analytique puis épistémique) de Maurice Toussaint est demeurée sans véritable écho parmi les psychomécaniciens. Fort heureusement, les choses semblent désormais changer, et son engagement parallèle contre l’arbitraire du signe au moins soulève l’intérêt de la génération montante. Certes, cette théorie originale s’est engagée et engage sur des chemins encore peu pratiqués au moment de sa création ; certes, son matérialisme corticocérébral et son optique oscillatoire ont de quoi dépayser le linguiste formé au structuralisme. Elle n’en procède pas moins directement des propositions de Gustave Guillaume, et si M. Toussaint en a critiqué et rejeté certaines, s’il les a confrontées ou combinées à d’autres avant d’en offrir des réinterprétations ou des extrapolations personnelles, globalement il n’a jamais cessé de lui rendre un hommage soutenu. On peut donc estimer qu’il mériterait d’être reconnu comme l’un des meilleurs défenseurs scientifiques et des plus percutants champions de la cause guillaumienne. 

Abstract  : For a long time Maurice Toussaint’s (analytic then epistemic) neurosemantics met with little response from the followers of Guillaume’s psychomecanics. Fortunately, things seem to be changing, and at least his parallel commitment against the principle of the arbitrary nature of the sign arouses some interest in the new generation. Admittedly, this original theory has developed along lines that were little explored when it was first laid out. Moreover its corticocerebral materialism together with its oscillatory perspective have much to puzzle a structuralist linguist. Yet there is no denying that it derives straight from Gustave Guillaume’s tenets: if Maurice Toussaint did criticize and reject some of them, if he confronted or combined them with other propositions to come up with personal interpretations or extrapolations, globally he never stopped paying him high tribute. He should therefore deservedly be considered as one of the best scientific supports and one of the most efficient.

 

2013 :    « Présentation », Cuadernos de filología francesa [Cáceres], 24 (Hommage à Maurice Toussaint, F. Tollis éd.), p. 11-38.

 

2010 :     La déflexité romane et la personne dans les écrits publiés de Gustave Guillaume (domaine nominal) », Langages, 178 (La Déflexivité, Didier Bottineau, Louis Begioni éds), p. 21-41.

Résumé: Guillaume, le processus responsable de la déflexité fait qu’un mot en lui-même viable se voit confier une mission non lexicale et un rôle d’adjuvant : il devient « grammaticalisé ». Tout spécialement identifiée dans l’article antéposé mais également dans les prépositions, la déflexité est évidemment à mettre en rapport avec la déclinaison.

      Guillaume l’a abondamment reliée au statut de la personne, car c’est là ce qui régit le mode de fonctionnement et l’associabilité du mot constitué. En termes généraux, la déflexivisation aboutit à démettre l’endomorphologie d’un mot de fonctions qu’elle ne peut plus assumer seule – même si elle les affiche toujours – et à les confier, cumulativement ou compensatoirement, en dehors de lui et en syntaxe, à un terme additionnel adjoint mais impératif.

      On n’abordera guère ici que la facette nominale du phénomène.

Abstract : Deflexivity and the« person » in Romance languages : an overview of the nominal domain in Gustave Guillaume’s published work »

For G. Guillaume, the process that triggers deflexivity results in the fact that words that are lexical entities endorse a non lexical, auxiliary function : they are « grammaticalized ». Examplified by preposed articles and prepositions, deflexivity should be related to declension.

      All through his work Guillaume explicitely related deflexivity to the status of the person, for that is what controls functioning and associating modes of any materialized word. In general terms, the result of deflexivisation is that the inner structure of the affected word is deprived of functions it can no longer assume alone – even if it still signals them – and those functions have to be taken over syntactically by an additionnal adjunct, whether on a cumulative or compensatory basis.

      Only the nominal aspect of the phenomenon will be dealt with here.

 

2010 :    « La linguistique de Gustave Guillaume : de l’opérativité à la socio-opérativité ? », Cahiers de praxématique, 2008, 51 (Gustave Guillaume. Opérativité et discours. Le sujet parlant, J.-Cl. Coquet éd.), p. 131-154, disponible en ligne : <https://journals.openedition.org/praxematique/1073>.

Résumé : Surtout pour son époque, l’une des caractéristiques les plus originales de la linguistique de Gustave Guillaume est de miser sur l’opérativité, même si elle ne va pas sans ruptures. Elle ne se limite pas à proposer du langage et de son utilisation une représentation étagée : de l’ensemble des phénomènes qui le constituent et de ses modes d’exploitation, elle fait des processus et suggère de les analyser toujours et partout en les rapportant à l’axe de leur construction, lui-même indexé sur du temps.

      Si ce premier aspect est depuis longtemps admis, il est visiblement moins connu, en revanche, que, malgré son enfermement apparent dans le système et sa genèse, Guillaume a aussi accordé une certaine place non seulement à la nature fatalement interindividuelle du discours, mais aussi à la dimension sociale de la langue en tant que « structurologie regardante » ponctuelle. Certes, il a toujours protesté contre le trop grand cas qui est parfois fait de cette dimension et constamment revendiqué, pour la bonne compréhension du système, la priorité du rapport de l’homme à l’univers sur sa relation avec ses semblables. Néanmoins, et pas seulement pour sa strate sémiologique, il a régulièrement et clairement admis la pression de conditionnements environnementaux sur l’idiomaticité du langage ; il a même fait état de ce que le caractère provisionnel de la langue lui confère un indéniable « hypo-pragmatisme », en grande partie dû à ce qu’elle est avant tout faite pour servir. De toute manière, en dépit de son abstraction, la langue ne saurait rester imperméable à ses exploitations anecdotiques : outre qu’elle en procède, elle s’y ressource en permanence.

      Assez vite après la disparition du fondateur de la psychomécanique, plusieurs de ses successeurs n’ont pas hésité, chacun à sa manière, chacun avec des préoccupations propres, à exploiter cette dimension fortement anthropogénétique, dans laquelle ils ont trouvé une indéniable ouverture en direction de l’énonciation et d’une appréhension carrément sociohistorique de la langue et du discours.

      L’objectif de la présente réflexion n’est donc pas de revenir sur ces différents infléchissements plus ou moins importants, mais de rappeler ce qui, dans les écrits publiés de son créateur, peut induire une lecture d’abord anthropo-opérative et partiellement continuiste, mais aussi, sans gauchissement excessif, une lecture socio-opérative de la théorie guillaumienne.

 

2007 :    « Krassimir Mantchev et son approche unifiée du langage », Langages (L’École guillaumienne de Bulgarie, Francis Gandon, Assen Tchaouchev éds), 165, p. 65-81, d.e.l. :< https://www.cairn.info/revue-langages-2007-1-page-65.htm .

Résumé : Après avoir revendiqué son autonomie, Rastier a concouru à unifier la sémantique linguistique, lexique, syntaxe profonde et structures textuelles comprises. Antérieurement, Mantchev, de son côté, a travaillé à une analyse du français qui vaille pour l’ensemble de ses composantes. Et, parmi les axes sur lesquels sa structurologie et sa syntaxe sémantiques se sont constituées, certains ne sont pas sans rappeler la démarche du précédent : un abord du langage fondé sur sa sémanticité généralisée, la recherche d’approches transversales susceptibles de brouiller la stratification habituelle de sa description et d’aider à unifier son étude, le recours à des procédures d’analyse à la fois opératives et itératives.

      La linguistique fondamentalement sémantique qu’il a ainsi élaborée s’attaque à l’idiomaticité des langues et couvre toutes les « articulations propres » qui en constituent la « totalité signifiante », abordant d’un même esprit la construction des formes qu’elles incluent, des notions qui y circulent et, au-delà, l’élaboration du sens, du palier le plus bas à celui du texte.

      Ce sont ces aspects qui sont ici abordés.

Abstract : After claiming his autonomy, Rastier contributed to unifying linguistic semantics, in a model that included the lexicon, deep syntax as well as textual structures. Before him, Mantchev too worked on an analysis of French that could account for all of its components. And, some of the axes he built his structurology and his semantic syntax on have a lot in common with Rastier’s own : a perspective on language based on its generalized semanticity, a search for transversal approaches that could blur the usual stratification of its description and help unify its study, and the use of procedures of analysis that are both operative and iterative.

      The fundamentaly semantic linguistics he thus created is concerned with the idiomaticity of languages : it deals with all the "specific articulations" that constitute its « signifying whole », encompassing in a single movement the building up of their forms, of the notions that circulate through them, and the construction of meaning, from the lowest level to the level of texts.

      Those are the aspects that are dealt with here.

 

2006 : « Le grammème comme signe chez Gustave Guillaume : une biunivocité idéale souvent prise en défaut (sémiologie / systématique linguistiques et analogie) », Cahiers de linguistique analogique [Dijon], 2, p. 5-40, disponible en ligne : <https://docs.google.com/viewer?a=v&pid=sites&srcid=ZGVmYXVsdGRvbWFpbnxjYWhpZXJzbGluZ3Vpc3RpcXVlYW5hbG9naXF1ZXxneDoxYTA5MzMxODAxZTQxOThi>.

 

2000 :    « La description du castillan chez Antonio de Nebrija (1492) : entre héritage et innovations », Bulletin de la Société de linguistique de Paris, 95/1, p. 417-442.

Résumé : de Nebrija s’est fait connaître de ses contemporains comme grammairien. Riche, mais apparemment opaque, le métalexique descriptif de sa grammaire du castillan reste d’une étude délicate, en dépit des tentatives d’élucidation dont il a déjà bénéficié à partir des textes des grammairiens latins qui l’ont inspiré. L’homme du xve siècle qui se penchait sur un vernaculaire érigé en objet d’étude était d’emblée confronté au problème de savoir quels services il pouvait attendre de la tradition. Il faut donc vérifier si Nebrija a réussi à l’adapter au castillan, et si oui, de quelle façon. Dans le cas contraire, il reste à voir comment il évoque les réalités linguistiques dont les Anciens n’avaient pas eu à rendre compte.

      L’étude strictement interne de ce traité semble être la seule qui permette d’observer comment ce legs commun a été utilisé, et d’en évaluer l’économie d’ensemble – sa cohésion et sa cohérence propres. Dans la Gramática, la rigueur peut certainement être prise en défaut. Cependant, expliquer sa possible opacité par l’indécision conceptuelle de son auteur doit être la dernière des solutions à envisager. Justement, l’observation exhaustive du texte lui-même permet déjà de comprendre de manière acceptable l’utilisation référentielle des termes les plus “techniques ».

      Néanmoins, Nebrija n’a pas hésité à innover dans son analyse et dans le métavocabulaire qu’elle réclamait, et, en cas de besoin, à proposer des néologismes. Mais toujours il le fait en parfaite connaissance de cause, avec prudence et mesure.

Resumen : La descripción del castellano por Antonio de Nebrija (1492) : Entre herencia e innovaci. de Nebrija se hizo célebre entre sus contemporáneos como gramático. Rico, pero a veces falto de transparencia, el metaléxico descriptivo de su gramática del castellano sigue siendo difícil de estudiar, pese a las tentativas de aclaración de que ha sido objeto a partir de los textos de los gramáticas antiguos en que se inspiró. El hombre del siglo xv que se interesaba por algún vernacular instituido en objeto de estudio se hallaba en seguida confrontado al problema de saber qué servicios podía prestarle la tradición. En consecuencia, hace falta averiguar si Nebrija llegó a adaptarla al castellano, y, cuando lo consiguió, cómo. En el caso opuesto, queda por ver cómo presenta las realidades lingüísticas de que los Antiguos no tuvieron que dar cuenta.

      El examen estrictamente interno de este tratado parece ser la única cosa que permita observar cómo se utilizó este legado común, y valorar su economía global – su cohesión y coherencia propias. No cabe duda de que la Gramática no presenta un rigor constante. Sin embargo, explicar su posible opacidad por la incertidumbre conceptual de su autor debe ser la última de las soluciones contempladas. Precisamente, la observación exhaustiva del mismo texto ya permite entender de manera aceptable el uso referencial de los términos más « técnicos ».

      Nebrija, no obstante, no vacila en innovar en su análisis y en el metavocabulario que éste exigía, y, en caso de necesidad, en proponer algunos neologismos. Pero siempre lo hace con conocimiento de causa, con precaución y medida.

Abstract : The description of Castilian by Antonio de Nebrija (1492) : A compromise between inheritance and innovatio. de Nebrija acquired fame among his contemporaries as a grammarian. Copious, but apparently opaque, the descriptive metalanguage of his Castillian grammar remains a difficult matter to study, in spite of the various attempts to elucidate it that have already been undertaken, starting from the texts of the Latin grammarians who inspired it. The xvth century scholar who grappled with a vernacular freshly set up as a subject matter was from the start confronted with the problem of ascertaining what help he could expect from the tradition. It is therefore essential to check if Nebrija succeeded in adapting it to Castillan, and if so how he proceeded. If not, there remains to be seen how he dealt with those facts that the Ancients did not have to account for.

      A strictly internal study of that treatise seems to be the only suitable way to observe how that common legacy was used, and to assess its general harmony – its inner cohesion and coherence. The Gramática’s logic and exactness can certainly be found fault with. Nevertheless, to account for its possible opacity by alleging a conceptual uncertainty on the part of its author remains the last solution to be contemplated. Indeed, an exhaustive observation of the text itself already leads to an acceptable understanding of the referential use of the most « technical » terms.

      Nebrija, however, did not refrain from innovating both in his analysis and the metavocabulary that it required, nor did he, when the need arose, refrain from suggesting neologisms. But that, he always did quite in full awareness of what he was doing, using prudence and discretion.

 

1998 :     « Le pragmatisme et l’hypo-pragmatisme du langage selon Gustave Guillaume », Histoire, Épistémologie, Langage, 20/1, p. 133-146, disponible en ligne : <www.persee.fr/doc/hel_0750-8069_1998_num_20_1_2699> ou <kaali.linguist.jussieu.fr/HEL_public_domain/HEL_20_1/HEL_20_1_pp133-146.pdf>.

Résumé : Gustave Guillaume a consacré l’essentiel de sa réflexion à l’étude des systèmes qui composent le pôle puissantiel du langage. Cela ne doit cependant pas faire oublier, que très tôt, dès son travail de 1919 sur l’article français, il avait élaboré une théorie du langage qui prenait en compte la dimension énonciative.

      Cette orientation, longtemps mal connue, a déjà été clairement dégagée à la fin des années 1970 par A. Joly & D. Roulland. Leur exégèse insistait surtout sur la présence du sujet énonciateur dans cette approche, sur la nature opérative de l’acte de langage jusqu’à son aboutissement au dit effectif, et sur ce que cela implique de conditions permanentes en deçà de cette production.

      Dans le prolongement de cette étude et en se penchant de près sur la distribution des termes pragmatique et pragmatisme dans l’œuvre publiée de Guillaume, on se propose ici de rappeler comment, avec le vocable qui opère remarquablement la synthèse de ses deux pôles extrêmes, le langage y apparaît comme imprégné d’utilitarisme, aussi bien en tant qu’exploitation intéressée que comme moyen provisionnel.

Abstract : Gustave Guillaume devoted most of his thinking to the study of the systems which make up the potential pole of language. For all that, one shouldn’t overlook the fact that very early – as early as in 1919 – in this work on the French article, he elaborated a theory of language taking into consideration the factor of speaker-hearer relationship in the activity of utterance.

      That aspect of this work, which long failed to be appreciated, was clearly brought out at the end of the seventies by A. Joly & D. Roulland. Their exegesis was mainly concerned with the attention bestowed in that kind of approach on the traces left by the utterer, with the nature of the speech act involving various operations until its outcome – the discourse actually uttered –, and with all the permanent conditions implied before the act of utterance can take place.

      In prolongation of that paper, starting from a close study of the distribuition of the terms pragmatique and pragmatisme in the published works by Guillaume, we here propose to point out how, thanks to the vocable which achieves a remarkable synthesis between its two extreme poles, language is shown as impregnated with utilitarism, whether it is considered as an interested application or as a provisional means.

 

1998 : « La traductologie comme révélateur des variations de l’actualisation ? (À propos du un‑s adjoint de l’espagnol) », dans Jeanne-Marie Barbéris,Jacques Bres, Paul Siblot (éds), De l’actualisation, Paris, CNRS Ed., p. 119-135.

Résumé : Les solutions que le traducteur choisit pour le texte-cible découlent fatalement de l’interprétation qu’il fait du texte-source, largement déterminée par la manière dont ses éléments constitutifs sont finalement actualisés. Par ailleurs, une même unité de la langue de départ reçoit à l’arrivée des traitements divers, variables d’une traduction et d’une occurrence à l’autre. On peut donc se demander si l’examen de cette variation ne peut pas éclairer sur cette actualisation même, surtout dans le cas d’une unité fortement grammaticalisée comme ici le un- adjoint de l’espagnol.

 

1995 :     « Remarques sur les traductions françaises de un‑s devant les noms du type pluralia tantum dans Las Últimas banderas d’A. M. de Lera », Ibérica [Paris -Sorbonne], nouv. série, 55 (Le Linguiste et les traductions), p. 189-206.

 

1992 :     « Remarques sur l’approche et la présentation des dérivés du nom dans la Gramática castellana de Nebrija : vers une (re)lecture linguistique », Bulletin hispanique, 94/2 (Hommage à Nebrija 1492-1992), p. 411-462.

 

1988 :    « L’ordre des éléments des énoncés en V + se + SN dans la littérature grammaticale » [1984], Archivum, 1987-1988, 37-38 (Miscelánea filológica de­di­cada al Profesor Jesús Neira), p. 417-457.

 

1985 :     « Génesis mental del sustantivo », Nueva Revista de filología hispánica [México] 1985-1986, 34/1, p. 23-47.

 

1984 :     « À propos des circunloquios du verbe castillan chez Nebrija : le nombre participial infinito » (1982), Historiographia linguistica XI/1-2, p. 55-76. [Réimprimé dans Antonio Quilis, Hans-J. Niederehe (eds.), The History of linguistics in Spain, Am­sterdam - Philadelphie, J. Benjamins Publishing Company (« Amsterdam Studies in the theory and history of linguistic science, III : Stu­dies in the history of the lan­guage sciences » 34), 1986, p. 55-76.]

 

1980 :    « Les énoncés en se dans la littérature grammaticale », Revista de filología española [Madrid], 60, p. 173-266.

 

1971 :     « L’orthographe du castillan d’après Villena et Nebrija », Revista de filología española [Madrid], 54, p. 53-106.

 

Article dans des revues internationales ou nationales
sans comité de lecture (SCL) :

 

1996 :    « La genèse du vocable indo-européen chez Gustave Guillaume. De la matière et de la forme », Kalimat Al-Balamand [Tripoli, Liban], 3, p. 83-126.

 

 

Comptes rendus

 

2006 :    de Kœrner E. F. K. et Niederehe Hans-Josef, History of linguistics in Spain / Historia de la lingüística en España II, Amsterdam et Philadelphie, J. Benjamins (« Amsterdam Studies in the theory and history of linguistics science », Series III : « Studies in the history of the language science » 100), [2001], 463 p., Histoire, Épistémologie, Langage, 28/1, p. 177b-183a.

 

2001 :    de Niederehe, Hans-Josef, Bibliografía cronológica, la gramática y la lexicografía del español (BICRES II). Desde el año 1601 hasta el año hasta el año 1700, Amsterdam et Philadelphie, J. Benjamins (« Amsterdam Studies in the theory and history of linguistic science, III : Stu­dies in the history of the lan­guage sciences 91 »), 1999, 472 p., Histoire, Épistémologie, Langage, 23/2, p. 177-178.

 

2001 :    de Petit i Aguilar, Joan, Gramàtica catalana. Edició i estudi a cura de Jordi Ginebra, Barcelone, 1998, Institut d’estudis catalans (« Bilioteca filologica » 35), Histoire, Épistémologie, Langage, 23/1, p. 185-188.

 

2000 :    de Camprubi, Michel, Questions de linguistique romane contrastive : espagnol, catalan, français, Toulouse, Presse universitaires du Mirail (« Interlangues, linguistique et didactique »), 1999, 290 p., Bulletin hispanique, 102/1, p. 312-320.

 

2000 :    d’Esparza Torres, Miguel Ángel, Niederehe, Hans-Josef, Bibliografía nebrisense. Las obras completas del humanista Antonio de Nebrija desde 1481 hasta nuestros días, Amsterdam et Philadelphie, J. Benjamins (« Amsterdam Studies in the theory and history of linguistic science, III : Stu­dies in the history of the lan­guage sciences » 90), 1999, Histoire, Épistémologie, Langage, 22/1, p. 192-196.

 

1997 :    d’Esparza Torres, Miguel Ángel, Las Ideas lingüísticas de Antonio de Nebrija, Münster, Nodus Publikationem, 1995, 281 p., Histoire, Épistémologie, Langage, 19/1, p. 188-191.

 

1996 :    de Binotti, Lucia, La teoría del « castellano primitivo ». Nacionalismo y reflexión lingüística en el Renacimiento español, Münster, Nodus Publikationem, 1995, 186 p., Histoire, Épistémologie, Langage, 1996, 18/2, p. 210-214.

 

1968 :    de Bahner, Werner, La lingüística española del Siglo de Oro. Aportaciones a la conciencia lingüística en la España de los siglos XVI y XVII, Madrid, Ed. Ciencia nueva, 1966, Bulletin hispanique, LXX/1-2, p. 203-206. disponible en ligne : <http://www.persee.fr/doc/hispa_0007-4640_1968_num_70_1_4135_t1_0204_0000_2>.