Journée d’étude du groupe de recherche Utopies Cinématographiques « Construire des “formes-communes” » Cinémas collectifs d’hier et d’aujourd’hui
Le 23 janv. 2026
Institut national d’histoire de l’art - Salle Walter Benjamin
2, rue Vivienne 75002 Paris
Cinéma La Clef
34, rue Daubenton 75005 Paris
Organisation :
Sylvain DREYER (Université de Pau et des Pays de l’Adour, Alter)
David FAROULT (ENS-Louis Lumière, HAR)
Sébastien LAYERLE (Université Sorbonne-Nouvelle, Ircav)
Corinne MAURY (Université de Poitiers, FoReLLiS)
Clément SCHNEIDER (PSL-La Fémis, SACRe)
9h30
Accueil et introduction
Matinée
Modération : Sylvain Dreyer
10h
« Cesare Zavattini, l’utopiste du collectif »
par Federico Lancialonga (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne)
11h15
« Collectif et dissolution de l’auteur autour de 1968 : le cas de Jacques Rivette (à la lumière de Jean-Luc Godard) »
par David Faroult (ENS-Louis Lumière)
12h30 Déjeuner
Après-midi
Modération : Corinne Maury
14h
« Où git votre (sourire) enfoui ? Les films du “printemps érable” et de ses après-coups »
par Marion Froger (Université de Montréal)
15h
« Collectifs chiliens contemporains : les pratiques d’ateliers comme instances de commun »
par Ève Le Fessant Coussonneau (Université de Poitiers)
16h15-18h30
Rencontre avec les collectifs La Poudrière, Les Scotcheuses et Synaps Collectif Audiovisuel
Échange animé par Sébastien Layerle et Lou Lefranc (Université Sorbonne Nouvelle)
Soirée
20h
Projection-rencontre au Cinéma La Clef, 34 rue Daubenton, Paris 5e
suivie d’un débat avec les équipes de réalisation
Intervenant·es
David Faroult est maître de conférences HDR en cinéma à l’École nationale supérieure Louis-Lumière et membre de l’équipe HAR (EA 4414). Une part importante de ses recherches et publications depuis vingt ans concerne les cinémas politiques issus de 1968 et le groupe Dziga Vertov, dont il a présenté les films en bonus de leur première édition en DVD (Jean-Luc Godard y el grupo Dziga Vertov, Intermedio, 2008). Il est l’auteur du livre Godard. Inventions d’un cinéma politique (Praires Ordinaires, 2018) et a codirigé l’ouvrage Jean-Luc Godard : Documents (Centre Pompidou, 2006).
Marion Froger est professeure de cinéma au Département d’histoire de l’art, de cinéma et des médias audiovisuels de l’Université de Montréal et codirectrice du Centre de recherches intermédiales sur les arts, les lettres et les techniques (CRIalt). Elle s’intéresse tout particulièrement à la remédiation audiovisuelle de la socialité et aux expériences imaginaires qui la nourrissent. Elle est l’auteure de : Le cinéma à l’épreuve de la communauté (PUM, 2009, Prix en sciences sociales de la Fédération canadienne des sciences humaines). Elle a codirigé récemment avec Frédérique Berthet deux ouvrages sur Le partage de l’intime (2018) et le geste de Confier (revue Intermédialités, 2022), et publié plus d’une cinquantaine d’articles et de chapitres de livres sur les pratiques et les imaginaires du collectif au cinéma.
Federico Lancialonga est docteur en études cinématographiques et enseignant à l’Université Paris Sciences & Lettres (PSL). En novembre 2023, il a soutenu une thèse sur le cinéma collectif italien des années 1950-1970, sous la direction de Vincent Amiel (Université Paris 1) et Sébastien Layerle (Université Sorbonne-Nouvelle). Chercheur invité à la Cinémathèque française en 2018, son travail a fait l’objet de publications pour différentes revues françaises et italiennes (Trafic ; 1895, revue d’histoire du cinéma ; CinémAction ; Studi Culturali ; Zapruder). Il est également documentaliste et chargé de la valorisation à Ciné-Archives.
Ève Le Fessant Coussonneau est doctorante en études cinématographiques à l’Université de Poitiers, au sein du laboratoire FoReLLIS B et de l’école doctorale Humanités. Sa thèse en cours, intitulée « Collectifs et communautés audiovisuels alternatifs au Chili (2005 - actualité) : une histoire politique et esthétique », et co-dirigée par Robert Bonamy (FoReLLIS B, Université de Poitiers), et Sonia Kerfa (ILCEA4, l’Université Grenoble Alpes). En parallèle de ses recherches universitaires, elle est cinéaste et réalise son premier long-métrage documentaire.
« Construire des “formes-communes” »
Cinémas collectifs d’hier et d’aujourd’hui
Le collectif, en tant que composante essentielle du cinéma militant des années 1960 et 1970, a été au centre de plusieurs études de référence - on songe à l’ouvrage de C. Roudé, Le cinéma militant à l’heure des collectifs (2017), consacré à la coopérative Slon. Si des expériences cinématographiques collectives ont existé antérieurement en France, les années 68 ont vu se multiplier des groupes de réalisation et de diffusion, engagés dans les luttes politiques et les débats idéologiques du moment, fondés sur la remise en cause de la traditionnelle division du travail, cherchant à repenser les catégories d’auteur, de film et de spectateur au profit d’un « nous » partagé. Dans la période récente, des projets communautaires ont réapparu à la faveur d’un « renouveau des mouvements contestataires » (I. Sommier) et de l’essor d’« espaces médiatiques alternatifs » (F. Granjon et D. Cardon), associant cinéastes, militants et citoyens, de manière anonyme et non hiérarchique.
Sans sous-estimer les négociations et les conflits qui l’animent et le traversent souvent, cette quatrième journée d’étude du groupe de recherche sur les utopies cinématographiques se demandera comment l’utopie travaille le cinéma collectif et sa portée politique, à partir de démarches militantes ou participatives, reconfigurant la notion d’auteur, sollicitant une plus large participation à l’invention du film ou permettant un accès partagé aux moyens de création. À quelles « formes d’agencement du commun dans les processus de production et de création » (M. Leventopoulos, K. Pór, C. Renouard), ces pratiques collectives donnent-elles lieu ? Dans quelle mesure permettent-elles l’émergence de nouvelles « formes-Communes » (K. Ross), cherchant à défaire les rapports de personnalisation et de domination ?
En fin de journée, la parole sera donnée à trois collectifs d’aujourd’hui : La Poudrière, groupe de femmes cinéastes féministes actif entre 2016 et 2020 au sein de l’Etna, laboratoire partagé de cinéma argentique ; Les Scotcheuses, collectif « nomade » et « mouvant », produisant et diffusant des films en Super 8 en relation avec des mobilisations citoyennes et des mouvements d’occupation ; Synaps Collectif Audiovisuel, association créée en 2007, visant « à développer et soutenir des projets cinématographiques et audiovisuels originaux qui ne trouvent pas leur place dans les grands réseaux de production et de diffusion existants ». Cette rencontre se prolongera par une projection au cinéma La Clef dédiée à ces collectifs.
Le groupe de recherche Utopies Cinématographiques (Sylvain Dreyer, David Faroult, Sébastien Layerle, Corinne Maury, Clément Schneider), créé en été 2023, déploie ses activités dans un séminaire distribué en journées d’études semestrielles suivant quatre axes : 1°) Utopies de l’art du cinéma ; 2°) Des territoires utopiques aux paysages écotopiques ; 3°) Théories et pratiques utopiques au cinéma ; 4°) Cinémas collectifs d’hier et d’aujourd’hui.
Photographies : Archivio audiovisivo