Conférence de Inongo-Vi-MakomèLe post-colonialisme en Afrique Noire
Le 15 oct. 2026
Séminaire de recherche ALTER (eq. 3 Sujets - Représentations - Sociétés)
Regards croisés sur les approches postcoloniales et décoloniales : théorie et fiction
Collège SSH - salle 318-Bât LLSHS, 14h – 16h
https://teams.microsoft.com/meet/351520933812896?p=zio2u17uy8BcOSHTr4
Conférence ouverte aux étudiants des masters LILAC, LEA, et autres masters SSH, aux doctorants et aux participants du colloque ALTER/CLIMAS/IE2IA, « Violences coloniales et stratégies d’aliénation des enfants autochtones »
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Ce séminaire interdisciplinaire de recherche s’ouvrira par une conférence d’Inongo-Vi-Makomè, écrivain camerounais installé à Barcelone (Espagne), dont l’œuvre littéraire rédigée en espagnol, aborde la relation entre l'Afrique et l'Europe au travers de la question de l'identité des Africains contraints à l'émigration.
Cette conférence viendra introduire et enrichir le séminaire intitulé « Regards croisés sur les approches postcoloniales et décoloniales : théorie et fiction ». Ce séminaire permettra d’examiner les approches postcoloniales et décoloniales, leur utilité et leur pertinence dans le champ de la recherche académique contemporaine.
Cette manifestation sera par ailleurs étroitement articulée au colloque international « Violences coloniales et stratégies d’aliénation des enfants autochtones » qui se tiendra à l’UPPA du 22 au 24 octobre 2026. Elle offrira notamment l’occasion de poser un cadrage conceptuel des études postcoloniales et décoloniales et d’en préciser les principaux enjeux théoriques.
Programme :
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Introduction par Nadia Mekouar Hertzberg et Franck Miroux (15 mn)
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Présentation de Inongo-Vi-Makomè par Armelle Assena (10mn)
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Conférence de Inongo-Vi-Makomè et échanges (45 mn)
Pause
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Approches théoriques par Franck Miroux : " Postcolonialité/décolonialité : approches théoriques" (15 mn)
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Présentation de recherche doctorale par Armelle Assena (15 mn)
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Échanges et débats
Contacts : Armelle Assena et Nadia Mekouar Hertzberg
Avant de parler du post-colonialisme, je commence toujours par essayer de revenir à notre époque « d’avant-colonialisme », afin de mieux comprendre la situation actuelle de l’Afrique noire.
J’ai souvent comparé cette situation à celle d’une personne qui aurait subi un coma traumatique : un coma de plusieurs siècles d’esclavage et de colonialisme. Lorsqu’elle se réveille, ou lorsqu’on la réveille, elle ne sait plus véritablement qui elle est. Elle se retrouve entourée d’un groupe de personnes qui avancent et lancent des mots d’ordre tels que « capitalisme », « communisme », etc. Elle les imite, reprend les mêmes expressions et tente de suivre le même mouvement. Mais, lorsqu’elle agit de la même manière, elle chute, se blesse et en subit les conséquences, tandis que les autres ne connaissent pas les mêmes difficultés.
Cette période du réveil correspond à celle de nos indépendances : l’époque de la Guerre froide en Europe, mais d’une guerre brûlante en Afrique, faite de guerres civiles, de souffrances et de millions de morts.
Avec le temps, dans cette période post-coloniale que nous vivons aujourd’hui, l’Afrique noire, désormais bien réveillée, commence à se souvenir de ce qu’elle était. Pourtant, les « nuages » laissés par ce long passé de « coma traumatique » ne lui permettent pas encore de se reconnaître et de se définir pleinement.
L’immigration constitue l’une des manifestations de cet état de confusion. Des milliers de jeunes Africains souffrent et meurent dans le désert ou dans les eaux des mers, dans l’espoir d’atteindre des lieux qu’ils imaginent comme un « paradis terrestre », un espace où les êtres humains pourraient enfin trouver de meilleures conditions de vie. Ces trajectoires tragiques témoignent, elles aussi, des difficultés persistantes à se situer dans un monde profondément marqué par l’histoire coloniale.
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Biographie
Inongo-vi-Makomè est né au Cameroun, où il a effectué ses études. Il a ensuite vécu en Guinée équatoriale, puis en Espagne, où il réside depuis de nombreuses années.
Installé à Barcelone, Inongo-vi-Makomè se consacre à la littérature. Il se définit comme un conteur plutôt que comme un écrivain. Son œuvre s’inspire des contes et des traditions négro-africains, auxquels il donne une expression contemporaine.
Il est notamment l’auteur de plusieurs œuvres dans différents genres littéraires :
Romans
Rebeldía (Carena, 1998)
Nativas (Carena, 2008)
Mam’ Enying! Cosas de la vida (Carena, 2012)
Issubu (Carena, 2016)
Juicio a un Estado y a un continente (2020)
Récits
Historias de una selva africana. Para Muna (Carena, 2011)
Théâtre
Muna Anyambe. La hija de Dios (2006)
Bwee o Ititi. Una lucecita en la oscuridad (2006)
Essais
España y los negros africanos (La llar del llibre, 1990)
La emigración negroafricana: tragedia y esperanza (Carena, 2000)
Población negra en Europa. Segunda generación, nacionales de ninguna nación (Gakoa, 2002)