Art participatif, art collaboratif, art citoyen : quels noms pour de nouvelles pratiques ?

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Arts/Langages : Transitions et Relations (ALTER)
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Art participatif, art collaboratif, art citoyen : quels noms pour de nouvelles pratiques ?

de 10h45 à 17h00

UNIVERSITÉ DE PAU ET DES PAYS DE L’ADOUR

Collège SSH – Bâtiment LLSH – Salle 12  Programme

Depuis le début du xxie siècle, les mouvements citoyens essaiment sur le territoire, en dehors des institutions, dans les milieux non seulement politiques mais aussi associatifs, culturels et artistiques. À la crise contemporaine de la démocratie représentative semble répondre un intérêt renouvelé pour la « citoyenneté ordinaire »[1] qui entend redonner un sens à la notion de « vivre ensemble ».

Les expérimentations relevant de ce que l’on nomme « art citoyen » sont l’une des manifestations de ce mouvement. Elles se développent au niveau local mais apparaissent dans le monde entier. Ainsi, le collectif madrilène « Boa mistura », engagé dans une démarche politique autant que poétique, parcourt la planète avec la volonté de « revigorer les consciences » dans les quartiers défavorisés, l’artiste brésilien VikMuniz réalise un projet participatif au cœur de la décharge Jardim Gramacho dans les faubourgs de Rio (2010-2013), Thomas Hirschhorn, en 2014, crée au Palais de Tokyo les conditions de constitution d’un espace commun de pensée et de débat qui prend la forme d’un occupy artistique (Flamme éternelle). « Citoyens » sont des festivals, des séries documentaires, des projets participatifs axés sur de thématiques sociétales, des protocoles artistiques (celui des « Nouveaux Commanditaires ») ou des programmes, tel l’axe stratégique « Art citoyen » de la Fondation Carasso, qui met l’art au cœur des enjeux de la vie citoyenne, en France et en Espagne.

Si la citoyenneté démocratique se matérialise dans des pratiques par lesquelles individus et groupes revendiquent de nouveaux droits, qu’en est-il de cet « art citoyen » ? Comment se définit-il ? Tout « art participatif » est-il « art citoyen » et, inversement, tout art citoyen appelle-t-il la participation active de son public ? Doit-on chercher ses caractéristiques du côté des thèmes investis, des acteurs engagés dans le processus créatif, des pratiques et des procédures expérimentées ou dans la conjonction de ces diverses circonstances ?

Cette première journée d’étude intitulée « Art participatif, art collaboratif, art citoyen : quels noms pour de nouvelles pratiques ? », a pour objectif de cerner des formes nouvelles d’exercice de l’art qui, depuis une quinzaine d’années, ont pris une orientation qu’on pourrait dire – globalement – éthique et politique. Nous souhaiterions revenir sur ces productions et étudier la variabilité des dénominations qui les accompagnent, mais aussi envisager les partages qu’elles génèrent et les transformations qu’elles induisent sur chacun des acteurs engagés dans le processus créatif.

Les intervenants

Anne Laure Boyer, artiste plasticienne, utilise la photo, la vidéo et la cartographie pour réaliser des projets qui questionnent les lieux et les mutations urbaines

Originaire de Paris et basée à Bordeaux depuis 2006, diplômée de l’école supérieure des arts-décoratifs de Strasbourg, après des études en arts-plastiques à l’Université Paris VIII et à l’Académie des beaux-arts de Brera à Milan, Anne-Laure Boyer a vu son parcours se construire autour de résidences d’artistes ou de commandes dans des territoires et des milieux spécifiques

Anne-Laure Boyer travaille sur le croisement entre récit de vie, imaginaire collectif et mémoire des lieux. Avec la photo, la vidéo, la cartographie, la collecte de paroles, d’histoires et d’objets, elle s’emploie à créer des résonances entre les vécus des uns et des autres, pour brasser les cartes d’un imaginaire collectif en mouvement perpétuel.

Elle a travaillé en France, en Espagne et au Maroc, dans différentes situations de mutation comme la démolition de logements sociaux, la vie en maison d’enfants, le camp d’internement, et les villages engloutis dans les barrages hydrauliques.

Volmir Cordeiro, interprète et chorégraphe brésilien

Volmi rCordeiro a fait partie du groupe de "Réflexion d'écriture" du festival franco-allemand Transfabrik (2013), dont le travail a été de débattre des questions liées à la danse contemporaine, à la programmation, à la diffusion, au contenu des créations présentées tout au long du festival et à la bi-nationalité du projet. Il a également participé en 2014 au groupe de travail critique "Residence and Reflection" dans le cadre du festival Kunstenfestival des arts à Bruxelles.

Ses recherches portent sur les représentations des marginaux à travers les figures du peuple, du pauvre et de l'anonyme. Des apparences inquiétantes, des hommes sans noms, des corps misérables et scandalisés, refoulés par l'histoire, constituent une parcelle d'humanité à laquelle quelques chorégraphes contemporains se sont intéressés.

Une autre piste de recherche traite particulièrement des pièces qui fonctionnent exclusivement sur des invitations à des "personnes quelconques" (ni professionnelles de la scène ni forcément amateurs), à devenir les interprètes de projets chorégraphiques basés sur l'exposition de vies et de corps ordinaires. Cette approche constitue le point de départ d'une recherche plus large autour de l'exclusion, de la marginalité et de la pauvreté sur la scène.

Ciel, spectacle de danse de Volmir Cordeiro, le 21 mars à 20h30 au théâtre Saragosse.

Klaus Fruchtnis, artiste numérique franco-colombien basé à Paris, chercheur et éducateur

Ses recherches portent sur les domaines de la photographie, du multimédia, du dessin numérique et de l'expérimentation des médias, ainsi que sur des projets collectifs et participatifs qui impliquent l'art, la technologie, les aspects culturels, sociaux et politiques.

Son approche des nouveaux médias ne se limite pas à leur dimension artistique, mais elle s’insère dans des initiatives et des projets partagés avec des partenaires multiculturels, et implique de nouvelles approches de l'éducation et le développement des cultures numériques. En tant qu’artiste engagé dans les projets de développement social et urbain, Klaus Fruchtnis estime que, pour l'évolution de la société, le rôle d'un artiste ou d'un designer est aussi important que celui d'un architecte ou d'un urbaniste. Son travail a été exposé, interprété et publié dans le monde entier.

Au cours des dernières années, il a développé différents projets avec des musées, des centres d’art, des centres correctionnels, des collectivités locales, des conseils municipaux, des universités, etc.

Pierre Marsaa, urbaniste et médiateur culturel

Médiateur agréé par la Fondation de France pour les actions Nouveaux Commanditaires dans le cadre de son activité de directeur de l’association Pointdefuite créée en 1989,Pierre Marsaa développe des projets d’art public en Aquitaine avec une approche singulière de la place du public dès la conception des projets.En parallèle, il travaille en tant que muséographe sur le développement des nouvelles pratiques des publics des musées en Aquitaine.

Également membre Fondateur de Contexts (2009), il apporte à l’équipe sa connaissance de l’urbanisme et de l’aménagement et développe une réflexion autour de la place des publics dans l’aménagement de l’espace et la création contemporaine.

L’action des Nouveaux Commanditaires est une initiative de la Fondation de France impliquant les citoyens dans le processus de création de projets artistiques. Elle offre à toute personne de la société civile les moyens de questionner des artistes sur des enjeux de société par le biais d’une commande d’une œuvre d’art. Elle est régie par un protocole qui définit les rôles et les responsabilités de personnes qui mènent ensemble une action publique dont la finalité est la création d’œuvres d’art et de leurs contextes.Elle repose sur la collaboration entre trois acteurs : l’artiste, le citoyen commanditaire et le médiateur culturel agréé par la Fondation de France, accompagnés des partenaires publics et privés réunis autour du projet.

Sarah Montero, maître de Conférences en Géographie sociale, UMR PASSAGES, Université de Bordeaux, spécialiste des politiques culturelles et de l'étude des rapports sociaux dans l'espace urbain

Sarah Montero travaille sur les problématiques de développement culturel territorial, de participation citoyenne et de médiation culturelle. Elle a notamment réalisé une étude comparative des politiques culturelles de Bordeaux et de Québec au prisme de la question participative.

Ses travaux en cours portent sur l’étude de collectifs d’habitants engagés dans l’action culturelle urbaine, ainsi que sur l’analyse des pratiques des professionnels du soin et de la culture dans le cadre des projets Culture et Santé.

 

Journée d’étude organisée par :

 

Sabine Forero Mendoza (ITEM) sabine.forero-mendoza @ univ-pau.fr

Pascale Peyraga (ALTER) pascale.peyraga @ univ-pau.fr

dans le cadre du Projet Incitatif Recherche « L’art en partage citoyen » (Fédération EFM)

 

[1]Marion Carrel et Catherine Neveu (dirs.), Citoyennetés ordinaires: pour une approche renouvelée des pratiques citoyennes, Paris : Karthala, 2014, 328 p.