Journée d'études « Guy Hennebelle : critique, cinéma, politique

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Journée d’études « Guy Hennebelle : critique, cinéma, politique »

 à Paris 3
En présence de Monique Martineau-Hennebelle

Organisateurs : Sylvain Dreyer (ALTER, UPPA) et Sébastien Layerle (IRCAV, Paris 3)

 

Contact :

sylvaindreyer@hotmail.fr

layerlesebastien @ hotmail.com

Le journaliste et éditeur Guy Hennebelle (1941-2003) occupe une place singulière dans le paysage de la critique cinématographique française des années 1960 à 2000. Il incarne l’image d’un journalisme militant, sans concession, ouvert sur le monde et sur l’engagement politique, comme l’a écrit son confrère Philippe Pilard : « engagé contre une certaine "Nouvelle vague" française qui préférait ignorer le monde ouvrier et la guerre coloniale outre Méditerranée, engagé du côté de la toute jeune Algérie indépendante, engagé contre l’impérialisme d’un certain cinéma américain, engagé pour la défense et la promotion des cinéastes africains ou latino-américains1 ».
Issu d’un milieu catholique mais fortement influencé par le tiers-mondisme, Guy Hennebelle a commencé sa carrière de journaliste en Algérie, après l’indépendance. Il collabore, comme critique, à divers journaux et devient, de 1965 à 1968, le responsable de la page cinéma du quotidien national El Moudjahid, sous le pseudonyme de Halim Chergui. Ses articles accompagnent la découverte, notamment à la Cinémathèque algérienne, des jeunes cinématographies en révolte (européennes, africaines, latino-américaines et asiatiques), qui seront les sujets de ses principaux ouvrages des années 1970 (Les cinémas africains en 1972, 1972 ; Quinze ans de cinéma mondial et le Guide des films anti-impérialistes, 1975 ; La Palestine et le cinéma, 1977 ; Les cinémas d’Amérique latine, 1981). À son retour en France, après Mai 68, Guy Hennebelle écrit dans plusieurs journaux (Le Monde, Le Monde diplomatique, Libération, Politique hebdo), revues (L’Afrique littéraire et artistique, Jeune Afrique) et publications de cinéma (Cinéma, Cahiers du cinéma, La revue du cinéma, Jeune cinéma). Son intense activité de critique s’oriente alors, pour l’essentiel, vers la défense des cinémas de contestation français et étrangers. De 1974 à 1979, dans la revue Écran, il dirige la rubrique mensuelle « La vie est à nous », consacrée à l’actualité du cinéma militant et de l’audiovisuel d’intervention sociale. En 1976, son ouvrage « Cinéma militant : histoire, structures, méthodes, idéologie et esthétique », paru dans Cinéma d’aujourd’hui, fait date et prépare la création, deux ans plus tard, de la revue CinémAction dont les premiers numéros s’intéressent aux cinémas du tiers-monde et à l’expression audiovisuelle des « minorités » (immigration, féminisme, homosexualité, identités régionales…). Présent dans divers festivals et rencontres cinématographiques internationales (Venise, Locarno, Tachkent, Cannes, Leipzig, Damas, Ouagadougou, Montréal…), il organise, entre 1977 et 1979, trois éditions des journées du cinéma militant à la Maison de la Culture de Rennes. Reconnus internationalement, plusieurs de ses textes et de ses ouvrages sont traduits à l’étranger. Après avoir repris, au début des années 1980, la direction de la célèbre collection « 7e art », aux éditions du Cerf, Guy Hennebelle fonde, en 1991, la revue Panoramiques, qu’il dirigera jusqu’à sa mort, « en réaction contre toutes les pensées uniques et obligatoires que décrétaient du haut de leur chaire mondaine les grands médias2 ».
Cette journée d’études, qui fera suite à la publication d’une anthologie commentée de textes sur le cinéma parus dans le quotidien algérien El Moudjahid (CinémAction n° 166, Corlet, 2018), propose d’ouvrir un chantier de recherche et de réflexion inédit sur le travail de journaliste, de critique et d’éditeur de Guy Hennebelle à partir de ses ouvrages, de ses articles et des publications auxquelles il a collaboré, qu’il a fondées ou dirigées. C’est autant une trajectoire individuelle qu’une conception politique de la critique cinématographique que cette journée d’étude entend interroger, pour mettre en lumière les combats que Guy Hennebelle a poursuivis pendant près de quarante ans et les enjeux qu’ils recouvrent, tant du point de vue des fronts de lutte que de la place qu’occupe sa parole au sein de la critique. Cette journée permettra ainsi de questionner l’écho de ses écrits, les réactions et les débats qu’ils ont pu susciter au moment de leur parution, en France et à l’étranger.
1 Philippe Pilard, Bref, n° 58, automne 2003, p. 6.
2 Guy Hennebelle, Pour quoi nous combattons, Panoramiques, hors série, Corlet / Marianne, 2003, p. 5.